Farés incendiés : Ponérihouen voit rouge

Résumé IA
Deux farés ont été incendiés à Tchamba et à Ometteux, sur la côte Est. La mairie de Ponérihouen dénonce des « actes criminels » qui détruisent des lieux de vie et de partage, rappelant que ces structures, érigées lors des émeutes de mai 2024, étaient devenues des espaces collectifs essentiels.
Feu sur deux farés de la côte Est. Ponérihouen hausse le ton et parle d’actes criminels.
Deux farés en cendres, une commune qui refuse de se taire
Le message est tombé ce dimanche 11 octobre, sur la page Facebook de la mairie de Ponérihouen. Le ton ne laisse aucune place à l’ambiguïté.
La commune dénonce « avec fermeté » les incendies qui ont frappé deux farés, l’un à Tchamba, l’autre à Poindimié, au lieu-dit Carrière, à Ometteux.
Les sapeurs-pompiers de Ponérihouen ont dû intervenir.
Les faits sont simples. Leur portée l’est beaucoup moins.
Car ces structures ne sont pas des abris anonymes posés au bord de la route. Elles ont une histoire, et cette histoire commence dans l’une des périodes les plus sombres qu’ait connues la Nouvelle-Calédonie : les émeutes de mai 2024.
C’est durant ces événements que les farés ont été érigés.
Depuis, selon la mairie, ils ont changé de nature. Ils sont devenus des lieux de vie, de rencontre et d’échange. Les habitants se les sont appropriés, au point de s’y attacher.
Pour la municipalité, il n’y a donc pas de débat sur la qualification. Ce sont des « actes criminels », qui détruisent des espaces collectifs et portent atteinte à la vie des communautés.
Le communiqué ne dit rien, en revanche, sur l’identité des auteurs ni sur leurs motivations. Aucune piste n’est évoquée. Et il n’appartient à personne de combler ce silence par des suppositions.
Tchamba, au bord de la RT3, un lieu qui faisait vivre des familles
C’est à Tchamba que la perte semble la plus concrète.
Le faré, situé en bordure de la RT3, servait aux familles du secteur pour organiser leurs marchés et leurs journées de rassemblement. Un point d’ancrage. Un endroit où l’on vend, où l’on se retrouve, où l’on discute.
La mairie adresse d’ailleurs une pensée particulière aux familles de Tchamba.
Au-delà des dégâts matériels, insiste la commune, c’est un lieu de convivialité, de solidarité et de partage qui a été atteint.
On aurait tort de balayer cela d’un revers de main.
Sur la côte Est, loin des centres commerciaux et des grandes surfaces de Nouméa, ce type d’espace a une fonction réelle. Il structure une économie de proximité. Il donne un cadre aux échanges du quotidien. Le détruire, c’est priver des familles d’un outil qu’elles utilisaient chaque semaine.
La municipalité le résume sans détour : ces infrastructures, nées dans un contexte difficile, ont trouvé leur place dans la vie des habitants. Leur destruction est une perte pour ceux qui les font vivre.
L’ordre, le droit et le respect des biens : la seule réponse qui vaille
Reste l’essentiel. Et il dépasse largement Ponérihouen.
Depuis mai 2024, la Nouvelle-Calédonie a payé un prix immense à la violence. Des vies perdues. Des entreprises détruites. Des quartiers entiers ravagés. Des milliers d’emplois envolés.
Le territoire n’a pas besoin d’un nouveau cycle de destructions.
Quelle que soit l’origine de ces farés, quel que soit le regard que chacun porte sur le contexte dans lequel ils sont apparus, mettre le feu n’est jamais une réponse. Ni politique, ni communautaire, ni personnelle.
Dans une société où le droit s’applique, le sort d’une construction ne se règle pas à la torche.
Il se règle par la loi. Par les institutions. Par le dialogue lorsque c’est possible, et par la justice lorsque c’est nécessaire.
C’est précisément ce que rappelle la mairie en appelant chacun à respecter et préserver les biens collectifs. Un rappel qui semble évident. Il ne l’est visiblement plus pour tout le monde.
La commune apporte enfin son soutien aux familles et aux populations touchées.
Sa conclusion tient en une phrase, qui sonne comme un avertissement autant qu’un plaidoyer : les farés sont des lieux de vie, et les préserver, c’est protéger les liens, les traditions et le vivre-ensemble.
Le vivre-ensemble. Une formule souvent galvaudée.
À Tchamba, ce dimanche, elle avait un sens très concret. Elle avait la forme d’un toit de paille au bord de la route. Il est parti en fumée.
(Crédit photo : mairie de Ponérihouen)


