La Dépêche de NouméaLa Dépêche de Nouméa
NouméaChargement...
En direct
L'Actualité locale
Politique
Économie
Société
Coup de gueule
Journée mondiale

Aucun dossier disponible

Le DebriefMémoireTribuneAu-delà du récifSudTVMétéo

Chargement...

Nouméa

Accueil
PolitiqueÉconomieSociétéCoup de gueuleJournée mondiale

Aucun dossier

Le DebriefMémoireTribuneAu-delà du récifSudTVMétéo

Suivez-nous

La Dépêche de Nouméa

Votre source d'information en Nouvelle-Calédonie. Actualités, politique, économie, sport et culture.

contact@ladepeche.nc
Nouméa, Nouvelle-Calédonie

Rubriques

  • Actualité locale
  • Le Debrief
  • Mémoire
  • Tribune
  • Au delà du récif
  • SudTV

Liens utiles

  • Météo
  • En Direct
  • Régie publicitaire

Abonnement

Recevez toutes les actualités chaque matin dans votre boite mail.

Suivez-nous

© 2026 La Dépêche de Nouméa

Mentions légalesConfidentialitéCookies
0%
AccueilAu delà du récif
Au delà du récif

Fast fashion : des dérives qui durent depuis 50 ans déjà

4 juin 2025 à 09:00
5 min de lecture
Fast fashion : des dérives qui durent depuis 50 ans déjà
Partager
AAAA
Aa

TRIBUNE. L’enseigne espagnole Zara fête son demi-siècle. Si l’Europe s’inquiète aujourd’hui des dérives de l’ultra fast fashion chinoise, le secteur textile ne l’a pas attendue pour mettre en place un modèle économique fondé sur la surconsommation et le gaspillage, dénonce Loïc Rousselle*.

En 1975, Amancio Ortega ouvrait à La Corogne une petite boutique baptisée Zara. Son idée était révolutionnaire : raccourcir les cycles de la mode pour proposer en permanence de nouveaux vêtements à des prix accessibles. Cette stratégie s’est appuyée dès les années 1990 sur une délocalisation massive de la production vers l’Asie, avec pour seule boussole la compression des coûts. Grâce à l’intelligence artificielle et à une collecte massive de données clients, ces plateformes publient chaque jour des milliers de nouveaux produits, dont la plupart ne sont fabriqués qu’en très petite série. Seuls les articles qui rencontrent immédiatement une demande importante sont produits à grande échelle. Ce système de micro-production itérative limite les stocks, les invendus, mais au prix d’une cadence industrielle qui épuise les chaînes de sous-traitance. Shein peut ainsi vendre une robe à 6 €, un t-shirt à 3 €, une paire de chaussures à moins de 10 €. Des prix rendus possibles par des conditions de travail dégradées, notamment en Chine et au Bangladesh. Pourtant, ces nouveaux géants ne sont pas nécessairement les plus gros pollueurs. En volume de vêtements produits, Shein est encore loin des mastodontes historiques. Leur empreinte carbone est réelle, mais rapportée à leur part de marché, elle reste proportionnellement inférieure à celle des géants de la grande distribution textile, qui continuent de livrer des dizaines de millions de pièces chaque mois, souvent issues de matières synthétiques.

Une loi qui exonère les plus gros pollueurs

C’est dans ce contexte que la France a tenté, en 2024, de reprendre la main avec une proposition de loi visant à encadrer l’ultra fast fashion. Votée à l’unanimité à l’Assemblée nationale, la première version du texte entendait interdire la publicité pour les marques de fast fashion, instaurer un malus écologique progressif sur les produits vendus, et imposer de nouvelles règles de transparence sur les volumes produits.
« Cette loi traduit une forme de cynisme politique »
Mais lors de son passage au Sénat, le texte a été vidé de sa substance. Les dispositions les plus structurantes ont été écartées. Désormais, seules les plateformes ultra low-cost venues de Chine sont visées – Shein et Temu, principalement. Les grands distributeurs européens et français, eux, sont totalement exonérés. L’absurdité de cette orientation saute aux yeux : ce sont précisément ces acteurs, bien installés dans le paysage économique, qui dominent le marché en volumes, en pollution, et en incitation à la surconsommation. Les malus, les restrictions publicitaires, les obligations de transparence ? Réservés aux « autres ».

Ce ciblage sélectif qui pose problème

D’abord, il affaiblit gravement l’efficacité environnementale du texte. Réguler les seuls nouveaux entrants – fussent-ils ultrarapides – tout en laissant carte blanche aux pollueurs historiques, revient à transformer une mesure structurante en simple geste politique. Un coup d’épée dans l’eau, ou pire : un permis implicite de polluer pour les distributeurs déjà installés.
Ensuite, cette loi traduit une forme de cynisme politique. À l’approche des échéances électorales, elle permet à la majorité de cocher la case écologique sans fâcher les géants du secteur, ni prendre le risque d’un conflit commercial majeur avec l’Espagne ou la Suède. Elle donne un os à ronger aux militants, sans s’attaquer à la racine du problème. Enfin, elle pénalise, une fois de plus, les consommateurs les plus modestes. Car ce sont eux qui achètent sur Shein, Temu ou AliExpress. Non par goût de la mode jetable, mais faute d’alternatives économiques viables. Or, si une fiscalité écologique est nécessaire, elle doit être juste, équitable, et accompagnée de solutions : soutien à la filière de la mode durable, élargissement de l’offre de seconde main, financement d’une consigne textile. Rien de tout cela ne figure dans le texte actuel.

Une occasion manquée

À l’heure où l’on célèbre les 50 ans de la fast fashion, il aurait fallu un signal fort. Non une manœuvre cosmétique. La fast fashion ne se résume pas à Shein, pas plus qu’elle n’a commencé en 2020. Elle est un système, une logique industrielle que nous avons laissé prospérer depuis cinq décennies. En l’état, la loi française sur la fast fashion apparaît comme une mesure incomplète, partielle, et déconnectée de la réalité du marché.
Le défi environnemental est immense. Il exige de sortir des effets d’annonce pour penser une véritable réforme de la filière textile, en ciblant l’ensemble de ses acteurs, sans exception. Faute de quoi, la gabegie continuera. Avec, en prime, la mauvaise conscience en étendard. *Loïc Rousselle est professeur de physique et porte-parole national du parti Écologie au Centre. Copyright : L'enseigne Zara célèbre ses 50 ans. DPA/SIPA / © Matthias Balk
#jdd#tribune#shein#surconsommation#textile#le Journal du dimanche#Loïc Rousselle#zara
Retour a l'accueil

Newsletter

Recevez les derniers articles par email.

INFOS
Origin Cinéma 2026 : la culture en mouvement à Nouméa•Municipales à Nouméa : Philippe Dunoyer officialise sa candidature•Hémicycle sous tension : les dossiers explosifs•25 ans après, une Française reconquiert l’ISS•Cuboméduses : le lagon calédonien sous alerte rouge•Pourquoi le bleu-blanc-rouge s’est imposé au monde•Vous résiliez votre ligne ? Vous perdez Internet•Polynésie française : 2,4 tonnes de cocaïne interceptées en haute mer•L’école peut-elle vaincre le déterminisme social ?•UNC : un pilier stratégique pour la Nouvelle-Calédonie•Origin Cinéma 2026 : la culture en mouvement à Nouméa•Municipales à Nouméa : Philippe Dunoyer officialise sa candidature•Hémicycle sous tension : les dossiers explosifs•25 ans après, une Française reconquiert l’ISS•Cuboméduses : le lagon calédonien sous alerte rouge•Pourquoi le bleu-blanc-rouge s’est imposé au monde•Vous résiliez votre ligne ? Vous perdez Internet•Polynésie française : 2,4 tonnes de cocaïne interceptées en haute mer•L’école peut-elle vaincre le déterminisme social ?•UNC : un pilier stratégique pour la Nouvelle-Calédonie•
--:--

En Direct

1/2
17:00

Origin Cinéma 2026 : la culture en mouvement à Nouméa

L'actualité locale

15:38

Municipales à Nouméa : Philippe Dunoyer officialise sa candidature

L'actualité locale

15:05

Hémicycle sous tension : les dossiers explosifs

L'actualité locale

14:00

25 ans après, une Française reconquiert l’ISS

Au delà du récif

13:00

Cuboméduses : le lagon calédonien sous alerte rouge

L'actualité locale

Voir tout le fil d'actualité

Continuer la lecture

Au delà du récif

25 ans après, une Française reconquiert l’ISS

Elle s’est élancée vers les étoiles avec le drapeau tricolore dans le regard.Vingt-cinq ans après la dernière mission française, la France retrouve l’orbite.Un...

15 février 2026
4 min
Au delà du récif

Polynésie française : 2,4 tonnes de cocaïne interceptées en haute mer

La pression ne retombe pas dans le Pacifique. Jeudi 12 février 2026, un bâtiment de la Marine nationale, appuyé par un Falcon Gardian 200, a intercepté en...

15 février 2026
3 min
Au delà du récif

L’école peut-elle vaincre le déterminisme social ?

Deux millions d’élèves, des milliards investis, et une question simple : l’éducation prioritaire fonctionne-t-elle vraiment ?Une étude officielle du ministère...

15 février 2026
5 min
Dossier Calédonien : passe d’armes à l’assemblée Nationale

Article precedent

Dossier Calédonien : passe d’armes à l’assemblée Nationale

Travaux, chats et football

Article suivant

Travaux, chats et football