25 ans après, une Française reconquiert l’ISS

Elle s’est élancée vers les étoiles avec le drapeau tricolore dans le regard.
Vingt-cinq ans après la dernière mission française, la France retrouve l’orbite.
Un décollage historique pour la France et l’Europe
À 11 h 15 vendredi, l’astronaute française Sophie Adenot a quitté la Terre pour rejoindre la Station spatiale internationale. Un départ attendu, préparé de longue date, et chargé d’une forte portée symbolique : le retour d’une Française dans l’espace après 25 ans d’absence.
Au terme de 34 heures de voyage, la capsule Crew Dragon, lancée par une fusée de SpaceX depuis Cap Canaveral en Floride, s’est amarrée à l’ISS, située à 400 kilomètres au-dessus de la Terre, vers 20h15 GMT.
« Je suis fière », a déclaré samedi Sophie Adenot lors d’une retransmission en direct de la Nasa.
Je suis fière d’embarquer la France et l’Europe dans cette incroyable aventure qui dépasse les frontières. Comptez sur moi pour en partager toutes les étapes avec vous et faire briller les étoiles dans les yeux des Français.
Un message clair : cette mission est aussi une mission nationale. Une affirmation assumée de la présence française dans la grande compétition scientifique mondiale.
Ingénieure de formation et ancienne pilote d’essai, Sophie Adenot devient la deuxième Française à aller dans l’espace après Claudie Haigneré, pionnière en 1996 et 2001. Un quart de siècle plus tard, la relève est là.
À ses côtés se trouvent l’astronaute américaine Jessica Meir, Jack Hathaway, et le cosmonaute russe Andreï Fediaïev, représentant de Roscosmos. Une équipe internationale, à l’image de l’ISS.
Un amarrage millimétré à 400 kilomètres de la Terre
Les images diffusées par SpaceX ont montré l’approche progressive de la capsule vers la Station spatiale internationale. À quelques dizaines de mètres par minute, la manœuvre a été exécutée avec une précision chirurgicale.
Les systèmes automatiques ont ajusté la trajectoire jusqu’au contact final. Douze crochets d’amarrage ont verrouillé la capsule. « Arrimage confirmé ! », a annoncé SpaceX sur ses réseaux sociaux.
Avant cette phase critique, les astronautes ont enfilé leurs combinaisons spatiales, conçues pour les protéger en cas d’incident jusqu’à la connexion définitive avec l’ISS.
Une fois la capsule amarrée, ils ont dû patienter environ deux heures avant l’ouverture des trappes, conformément aux procédures de la Nasa. À bord de la station, les attendaient l’Américain Christopher Williams et les Russes Sergueï Koud-Svertchkov et Sergueï Mikaïev.
Un briefing de sécurité a immédiatement suivi. La conquête spatiale ne laisse aucune place à l’improvisation.
Occupée en permanence depuis 25 ans, l’ISS demeure l’un des derniers espaces de coopération active entre Occidentaux et Russes. Un fait notable dans un contexte géopolitique tendu. Mais la station doit être retirée du service en 2030, ouvrant la voie à une nouvelle ère, marquée par la montée en puissance du secteur privé.
Huit mois de science et plus de 200 expériences
La mission de Sophie Adenot durera environ huit mois. Pendant cette période, elle participera à plus de 200 expériences scientifiques.
L’objectif est clair : exploiter au maximum ce laboratoire unique en microgravité. Les recherches porteront notamment sur les effets à long terme de l’apesanteur sur le corps humain, mais aussi sur l’environnement spatial.
Parmi les projets majeurs figure EchoFinder, un système développé par le Centre national d’études spatiales (Cnes). Ce dispositif doit permettre aux astronautes de réaliser des échographies en autonomie complète grâce à l’intelligence artificielle et à la réalité augmentée.
La France ne se contente pas d’envoyer des astronautes : elle envoie aussi ses technologies.
Cette mission illustre la solidité du modèle scientifique français, adossé à une coopération européenne structurée et à des partenariats internationaux efficaces.
Avec ses coéquipiers, Sophie Adenot devrait revenir sur Terre en octobre. D’ici là, elle incarnera une France qui innove, qui coopère et qui assume sa place dans la compétition spatiale mondiale.
Dans un monde fragmenté, l’espace demeure un terrain d’excellence où la France peut encore faire entendre sa voix.

