La Dépêche de NouméaLa Dépêche de Nouméa
NouméaChargement...
En direct
L'Actualité locale
Politique
Économie
Société
Coup de gueule
Journée mondiale

Aucun dossier disponible

Le DebriefMémoireTribuneAu-delà du récifSudTVMétéo
La Dépêche de Nouméa

Votre source d'information en Nouvelle-Calédonie. Actualités, politique, économie, sport et culture.

contact@ladepeche.nc
Nouméa, Nouvelle-Calédonie

Rubriques

  • Actualité locale
  • Le Debrief
  • Mémoire
  • Tribune
  • Au delà du récif
  • SudTV

Liens utiles

  • Météo
  • En Direct
  • Régie publicitaire

Abonnement

Recevez toutes les actualités chaque matin dans votre boite mail.

Suivez-nous

© 2026 La Dépêche de Nouméa

Mentions légalesConfidentialitéCookies
0%
AccueilSociété
Société

Les assurances ont abandonné le pays

11 juillet 2025 à 09:15
4 min de lecture
Les assurances ont abandonné le pays
Partager
AAAA
Aa

Un an après les violences de 2024, moins d’un tiers des indemnisations a été versé. Assureurs, experts et sinistrés se renvoient la responsabilité.

Des sinistres massifs, mais une indemnisation au ralenti

Près de 3 500 sinistres ont été déclarés, pour un coût estimé à 942 millions d’euros ( 112 800 000 000 XPF). Un chiffre colossal pour un territoire où les primes annuelles d’assurance plafonnent à 200 millions. Pourtant, à peine 296 millions ( 35 520 000 000 XPF) ont été versés, soit 31 % du total. Pour les assureurs, la situation est inédite. Sur les 3 480 dossiers, 1 710 émanent d’entreprises, représentant 95 % du montant total des dommages.

Les 38 dossiers les plus lourds totalisent à eux seuls 320 millions d’euros ( 38 400 000 000 XPF). Ces cas complexes nécessitent des expertises poussées, en particulier pour évaluer les pertes d’exploitation — un exercice d’autant plus long que ces entreprises n’ont pas toutes repris leur activité.

Les assureurs affirment que 80 % des sinistrés ont touché un acompte ou une indemnisation complète, mais ils admettent que les pertes d’exploitation sont traitées plus lentement. Ces remboursements dépendent en effet de la reprise d’activité : sans elle, la liquidation judiciaire est souvent inévitable.

Autre facteur de lenteur : la responsabilité de l’État est sollicitée dans 80 % des dossiers, selon les rapporteurs. Les compagnies pointent du doigt l’inaction administrative, qui ralentit le traitement des demandes. Mais ces accusations restent souvent implicites.

Experts débordés, assureurs déboussolés

L’autre nœud du problème : le manque cruel d’experts. Indépendants des compagnies, ces professionnels ne sont ni assez nombreux, ni suffisamment formés pour faire face à une crise de cette ampleur. Leur neutralité est une garantie ; leur lenteur, une fatalité.

En temps normal, le parc d’experts en Nouvelle-Calédonie est adapté. Mais les événements de mai 2024 ont provoqué un embouteillage inédit. Et les sinistres liés à des entreprises — souvent industrielles — exigent des compétences techniques rares : machines détruites, stocks brûlés, bâtiments ravagés.

Les experts doivent également traiter des tonnes de justificatifs comptables pour évaluer les pertes d’exploitation. Des dossiers longs, techniques, parfois sans fin.

Les assureurs n'ont aucune influence sur le nombre d’experts disponibles, ni sur leur cadence. Ce sont des cabinets privés. En clair, les compagnies paient mais ne contrôlent pas, ce qui rend toute accélération très difficile.

Incertitude politique et fuite des investisseurs

Au-delà des aspects techniques, un facteur pèse lourdement sur la situation : l’attentisme généralisé. Patronat comme particuliers hésitent à reconstruire. Et tant qu’une décision n’est pas prise, l’indemnisation reste en suspens.

Certains chefs d’entreprise préfèrent attendre un accord politique durable avant d’envisager de nouveaux investissements. D’autres, déjà indemnisés, ont choisi de réinvestir ailleurs. L’échec du conclave de Deva a renforcé le climat d’incertitude.

Du côté des particuliers, les interrogations sont similaires : reconstruire sa maison incendiée, oui, mais où ? Rester dans un quartier exposé ou s’exiler vers un secteur plus sécurisé ? Ces choix sont lourds de conséquences, notamment pour la mixité sociale, qui s’effrite.

En toile de fond, la confiance s’effondre. Sans perspective claire, les investisseurs hésitent, les ménages doutent. L’assurance ne peut pas couvrir le vide politique.

Vers un désengagement des compagnies d’assurances ?

Face à des indemnisations qui représenteraient jusqu’à 36 années de bénéfices, plusieurs assureurs envisagent de quitter la Nouvelle-Calédonie. Même avec la réassurance, la pérennité de leurs activités dépendra des décisions prises à Paris. La suppression de la garantie « émeutes » dans les contrats, imposée après 2024, marque une rupture : le risque est devenu trop élevé. En réponse, les compagnies appellent à la création d’un fonds public d’indemnisation, sur le modèle de celui dédié au terrorisme. Sans solution rapide, l’assurabilité du territoire est menacée — et avec elle, toute perspective de reconstruction durable.

La crise de l’assurance en Nouvelle-Calédonie est bien plus qu’un problème technique. C’est un révélateur du malaise économique, social et politique d’un territoire à la croisée des chemins. Sans solution globale, ni les assureurs ni les assurés ne sortiront indemnes de cette tempête.

#nouvelle-calédonie#Crise politique#reconstruction#indemnisation#assurance#émeutes Nouvelle-Calédonie#Violences 2024#Experts assurance#Perte d’exploitation#Sinistres
Retour a l'accueil

Newsletter

Recevez les derniers articles par email.

INFOS
France–Vanuatu : quatre années de coopération renforcée et de nouveaux projets à venir•Sarah Knafo annonce « Le Casse du siècle », une enquête sur les rouages du système•Le Nord de Dumbéa relancé•Mer de Chine méridionale : les Philippines organisent des exercices avec les États-Unis et le Japon•À Maré, élèves et gendarmes frappent fort contre les dangers•«L'empire Bernard Arnault» : la réponse cinglante du PDG de LVMH à l'enquête du Monde•Cette tradition des JO est née à Amsterdam•Eau en danger : la Nouvelle-Calédonie réagit enfin•Macron lance le Davos du cinéma•Crise à Belep : la réponse musclée de l’État•France–Vanuatu : quatre années de coopération renforcée et de nouveaux projets à venir•Sarah Knafo annonce « Le Casse du siècle », une enquête sur les rouages du système•Le Nord de Dumbéa relancé•Mer de Chine méridionale : les Philippines organisent des exercices avec les États-Unis et le Japon•À Maré, élèves et gendarmes frappent fort contre les dangers•«L'empire Bernard Arnault» : la réponse cinglante du PDG de LVMH à l'enquête du Monde•Cette tradition des JO est née à Amsterdam•Eau en danger : la Nouvelle-Calédonie réagit enfin•Macron lance le Davos du cinéma•Crise à Belep : la réponse musclée de l’État•
--:--

En Direct

1/2
19:00

France–Vanuatu : quatre années de coopération renforcée et de nouveaux projets à venir

Au delà du récif

17:00

Sarah Knafo annonce « Le Casse du siècle », une enquête sur les rouages du système

Au delà du récif

16:00

Le Nord de Dumbéa relancé

L'actualité locale

15:00

Mer de Chine méridionale : les Philippines organisent des exercices avec les États-Unis et le Japon

Au delà du récif

14:00

À Maré, élèves et gendarmes frappent fort contre les dangers

L'actualité locale

Voir tout le fil d'actualité

Continuer la lecture

L'actualité locale

Crise à Belep : la réponse musclée de l’État

La tension ne retombe pas à Belep, six ans après les premiers drames. L’État durcit le ton face à une situation jugée toujours explosive.Une décision ferme...

28 juillet 2026
4 min
L'actualité locale

À Voh, la tolérance zéro est lancée

La patience a des limites, et à Voh, elle semble désormais atteinte. Face à la montée des actes de délinquance, la mairie sort du silence et frappe fort.Un...

28 juillet 2026
4 min
L'actualité locale

Le salon qui va décider de ton futur

Deuxième édition, même ambition : donner un cap clair à la jeunesse calédonienne. Dans un territoire en quête de repères, l’orientation redevient une priorité...

27 juillet 2026
4 min
Un 14 Juillet sans feu, mais pas sans ferveur

Article precedent

Un 14 Juillet sans feu, mais pas sans ferveur

Le gouvernement Bayrou face aux défis des Outre-mer

Article suivant

Le gouvernement Bayrou face aux défis des Outre-mer