La Dépêche de NouméaLa Dépêche de Nouméa
NouméaChargement...
En direct
L'Actualité locale
Politique
Économie
Société
Coup de gueule
Journée mondiale

Aucun dossier disponible

Le DebriefMémoireTribuneAu-delà du récifSudTVMétéo
La Dépêche de Nouméa

Votre source d'information en Nouvelle-Calédonie. Actualités, politique, économie, sport et culture.

contact@ladepeche.nc
Nouméa, Nouvelle-Calédonie

Rubriques

  • Actualité locale
  • Le Debrief
  • Mémoire
  • Tribune
  • Au delà du récif
  • SudTV

Liens utiles

  • Météo
  • En Direct
  • Régie publicitaire

Abonnement

Recevez toutes les actualités chaque matin dans votre boite mail.

Suivez-nous

© 2026 La Dépêche de Nouméa

Mentions légalesConfidentialitéCookies
0%
AccueilAu delà du récif
Au delà du récif

Ils vivent sur des fosses septiques… et personne ne contrôle rien !

26 juillet 2025 à 18:15
4 min de lecture
Ils vivent sur des fosses septiques… et personne ne contrôle rien !
Partager
AAAA
Aa

En Polynésie française, plus de 90 % des foyers ne sont pas raccordés à un réseau d’assainissement collectif. Résultat : les fosses septiques, souvent vieilles de plusieurs décennies, débordent sans contrôle, polluant les sols et les lagons.
Face à cette bombe écologique silencieuse, quelques communes sortent du silence, bien décidées à reprendre la main sur cette pollution invisible.

Rurutu, pionnière de l’assainissement non collectif

Sur l’île de Rurutu, aux Australes, la situation est critique. Aucune maison n’est reliée à une station d’épuration. Toutes les eaux usées des 600 foyers sont stockées dans des fosses septiques... jamais vidangées, jamais inspectées.
Une réalité partagée par des milliers de foyers à Tahiti ou dans les autres archipels. Et personne pour les contrôler. Mais à Moerai, la mairie a décidé de ne plus attendre. Frédéric Riveta, son tavana, a présenté un projet de service public d’assainissement non collectif, une première dans le fenua.
Objectif : récupérer les boues des fosses grâce à un camion dédié (encore à acheter), puis les traiter sur un site écologique de filtration naturelle par roseaux, situé en hauteur de l’île. Ce procédé, appelé phytoépuration, repose sur le pouvoir filtrant des roseaux Phragmites australis, associés à plusieurs couches de graviers.
Résultat : les résidus sont séparés, séchés, et traités naturellement, sans produits chimiques. Le liquide filtré pourrait même être utilisé en agriculture.
Quant aux boues, elles seront envoyées sur une plateforme de compostage et de traitement des déchets verts, en cours de construction sur le même site.

Coût total : 187 millions de francs CFP, dont 93 millions déjà obtenus grâce au Fonds de solidarité inter-bassins, géré par l’Office français de la biodiversité.
Le projet est financé à 95 % par l’État et le Pays. Une aubaine pour une petite commune, qui n’a déboursé que 9,3 millions sur ses fonds propres.

Une loi ignorée, des lagons en danger

Le Code général des collectivités territoriales (CGCT), censé s’appliquer depuis 2024 en Polynésie, impose aux communes de prendre en charge l’assainissement de leurs administrés.
Mais dans les faits, presque rien n’est fait. À l’exception de quelques zones urbaines ou de Bora Bora, seulement 8 % de la population est connectée à un réseau collectif.

Les conséquences sont préoccupantes : des fosses septiques non vidangées depuis 30 ou 40 ans, des eaux usées qui s’infiltrent dans les nappes phréatiques ou se déversent dans les lagons.
En métropole, les SPANC (services publics d’assainissement non collectif) imposent une vidange obligatoire tous les 10 ans, avec des redevances claires et un suivi public.
Rien de tout cela au fenua. La plupart des fosses ne sont contrôlées qu’à la construction. Ensuite ? Silence radio.
Et tant que l’État ou le Pays n’imposent pas de contraintes fortes, la majorité des communes resteront immobiles, faute de moyens ou de volonté politique. Mais la pression monte. Plusieurs tavana commencent à s’interroger.
À Rimatara, Artigas Hatitio s’inquiète déjà des futurs coûts de fonctionnement et des redevances à imposer à la population.
À l’approche des municipales, le sujet est explosif.
Le maire de Rurutu tente de rassurer : la collecte par camion coûterait bien moins que « des kilomètres de tuyaux ».
Encore faut-il que la solidarité municipale tienne dans la durée.

Tereheamanu, un second souffle pour l’archipel

À Tahiti, la communauté de communes Tereheamanu (52 000 habitants) ne veut pas rester à la traîne. Elle aussi s’est lancée dans la bataille.
En partenariat avec la Polynésienne des eaux, elle a candidaté au programme national Innov’eau, un dispositif du plan France 2030.
L’idée : créer une station de traitement fondée sur la filtration naturelle, tout en lançant des recherches sur les espèces végétales endémiques capables de filtrer les boues.

L’innovation se mêle ici à la préservation du patrimoine écologique.
En parallèle, Tereheamanu a déjà lancé des études pour porter un projet autonome, au cas où les financements nationaux ne suivraient pas.
Baptisée Tama te pape, cette station de traitement pourrait s’implanter à Paihoro, dans la future zone d’activité de la baie de Phaëton.

Avec ces deux projets, une dynamique locale commence enfin à émerger autour de l’assainissement non collectif.
Mais la majorité du territoire reste dans le flou. Et le risque est grand de voir les eaux usées continuer à empoisonner les sols, les nappes et les lagons, au mépris des textes en vigueur et des enjeux écologiques.

#Polynésie française#assainissement non collectif#bioépuration#eaux usées#fosses septiques#phytoépuration#pollution lagons#roseaux#Rurutu#Tereheamanu
Retour a l'accueil

Newsletter

Recevez les derniers articles par email.

INFOS
France–Vanuatu : quatre années de coopération renforcée et de nouveaux projets à venir•Sarah Knafo annonce « Le Casse du siècle », une enquête sur les rouages du système•Le Nord de Dumbéa relancé•Mer de Chine méridionale : les Philippines organisent des exercices avec les États-Unis et le Japon•À Maré, élèves et gendarmes frappent fort contre les dangers•«L'empire Bernard Arnault» : la réponse cinglante du PDG de LVMH à l'enquête du Monde•Cette tradition des JO est née à Amsterdam•Eau en danger : la Nouvelle-Calédonie réagit enfin•Macron lance le Davos du cinéma•Crise à Belep : la réponse musclée de l’État•France–Vanuatu : quatre années de coopération renforcée et de nouveaux projets à venir•Sarah Knafo annonce « Le Casse du siècle », une enquête sur les rouages du système•Le Nord de Dumbéa relancé•Mer de Chine méridionale : les Philippines organisent des exercices avec les États-Unis et le Japon•À Maré, élèves et gendarmes frappent fort contre les dangers•«L'empire Bernard Arnault» : la réponse cinglante du PDG de LVMH à l'enquête du Monde•Cette tradition des JO est née à Amsterdam•Eau en danger : la Nouvelle-Calédonie réagit enfin•Macron lance le Davos du cinéma•Crise à Belep : la réponse musclée de l’État•
--:--

En Direct

1/2
19:00

France–Vanuatu : quatre années de coopération renforcée et de nouveaux projets à venir

Au delà du récif

17:00

Sarah Knafo annonce « Le Casse du siècle », une enquête sur les rouages du système

Au delà du récif

16:00

Le Nord de Dumbéa relancé

L'actualité locale

15:00

Mer de Chine méridionale : les Philippines organisent des exercices avec les États-Unis et le Japon

Au delà du récif

14:00

À Maré, élèves et gendarmes frappent fort contre les dangers

L'actualité locale

Voir tout le fil d'actualité

Continuer la lecture

Au delà du récif

France–Vanuatu : quatre années de coopération renforcée et de nouveaux projets à venir

Après quatre années à Port-Vila, l’ambassadeur de France au Vanuatu, Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, dresse le bilan d’une relation devenue plus dense, plus...

28 juillet 2026
5 min
Au delà du récif

Sarah Knafo annonce « Le Casse du siècle », une enquête sur les rouages du système

Sarah Knafo publiera le 2 septembre 2026 son premier livre, intitulé Le Casse du siècle, aux éditions Fayard. L’eurodéputée promet une enquête consacrée aux...

28 juillet 2026
2 min
Au delà du récif

Mer de Chine méridionale : les Philippines organisent des exercices avec les États-Unis et le Japon

Les Philippines, les États-Unis et le Japon ont achevé cinq jours d’exercices militaires conjoints en mer de Chine méridionale, dans un contexte de fortes...

28 juillet 2026
5 min
Nouméa : l’océan en danger, l’expo qui alerte

Article precedent

Nouméa : l’océan en danger, l’expo qui alerte

Je me suis réveillé, la radio parlait de vacances pas chères

Article suivant

Je me suis réveillé, la radio parlait de vacances pas chères