La Dépêche de NouméaLa Dépêche de Nouméa
NouméaChargement...
En direct
L'Actualité locale
Politique
Économie
Société
Coup de gueule
Journée mondiale

Aucun dossier disponible

Le DebriefMémoireTribuneAu-delà du récifSudTVMétéo
La Dépêche de Nouméa

Votre source d'information en Nouvelle-Calédonie. Actualités, politique, économie, sport et culture.

contact@ladepeche.nc
Nouméa, Nouvelle-Calédonie

Rubriques

  • Actualité locale
  • Le Debrief
  • Mémoire
  • Tribune
  • Au delà du récif
  • SudTV

Liens utiles

  • Météo
  • En Direct
  • Régie publicitaire

Abonnement

Recevez toutes les actualités chaque matin dans votre boite mail.

Suivez-nous

© 2026 La Dépêche de Nouméa

Mentions légalesConfidentialitéCookies
0%
AccueilL'actualité locale
L'actualité locale

Ponts à gogo : l’administration calédonienne perd la tête

8 novembre 2025 à 08:05
4 min de lecture
Ponts à gogo : l’administration calédonienne perd la tête
Partager
AAAA
Aa

La Nouvelle-Calédonie s’apprête à tourner la page de 2025. Mais avant même que l’année ne s’achève, une vérité s’impose : le territoire n’a toujours pas tiré les leçons du chaos économique consécutif aux émeutes de mai 2024.

Et pourtant, malgré une économie exsangue, l’administration continue d’accorder des jours fériés à la chaîne, comme si la crise n’avait jamais existé.

Un territoire à genoux qui aurait mérité un sursaut de responsabilité

Après l’insurrection du 13 mai 2024, l’économie néo-calédonienne a été littéralement dévastée. Plus de 900 entreprises incendiées, des milliers d’autres fragilisées, et un tissu productif amputé de pans entiers. À la fin 2024, près de 13 000 personnes étaient indemnisées au chômage, tandis que des milliers de travailleurs indépendants vivaient dans une détresse rarement vue depuis 30 ans.

Dans ce contexte, beaucoup espéraient que 2025 marquerait un tournant. Que le gouvernement local, en coordination avec le Haut-Commissariat de la République, enverrait enfin un message de rigueur et de solidarité envers le secteur productif. Et surtout, cette année noire aurait dû mettre un terme aux excès d’un calendrier administratif souvent hors-sol, avec des ponts à répétition qui plombent encore davantage la compétitivité du pays.

Il n’en fut rien. Ce long week-end lié aux commémorations du 11 novembre en est l’illustration parfaite : quatre jours d’arrêt pour l’administration, les banques, l’enseignement, et même plusieurs entreprises publiques stratégiques. Autrement dit, une pause supplémentaire dans un pays qui n’a objectivement plus les moyens de s’offrir le moindre ralentissement.

Alors que le secteur privé travaille pour sauver ce qui peut encore l’être, une partie de la fonction publique multiplie les journées chômées. Un contraste saisissant et, pour beaucoup, profondément choquant.

Une fonction publique privilégiée alors que les caisses publiques sont en ruine

Depuis plusieurs mois, la Nouvelle-Calédonie traverse une crise budgétaire d’une gravité historique. En deux ans, les recettes fiscales ont plongé de 54,5 milliards de francs, soit 10,3 milliards de plus que les prévisions initiales du budget primitif 2025.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes :
– 3,5 milliards de moins en TGC,
– 4,5 milliards en moins d’impôt sur les sociétés,
– 2 milliards en moins d’impôt sur le revenu des valeurs mobilières.

Ces baisses ne sont pas le fruit du hasard. Elles reflètent l’absence complète de relance économique depuis les émeutes. Le pays ne produit plus assez, n’exporte plus assez, et peine à attirer les investissements. Bref, l’économie tourne au ralenti, très loin de ce qu’exigerait une reconstruction rapide.

Et dans ce contexte catastrophique, voir la fonction publique empiler les jours fériés dont cinq ponts en 2025 relève, pour beaucoup, de l’indécence. Cinq semaines de trois jours, financées par des caisses publiques déjà vides. Pendant que les entrepreneurs se battent pour payer leurs salariés et maintenir leur activité, l’administration multiplie les pauses. Le signal envoyé est désastreux : ceux qui financent la machine publique se serrent la ceinture, pendant que ceux qui en vivent se reposent.

Le dernier pont de l’année, le 25 décembre tombant un jeudi, entraînera mécaniquement un jour chômé le 26. Une décision qui ajoute une couche d’incompréhension dans un territoire déjà fracturé.

Le fossé privé-public : le vrai scandale que personne n’ose assumer

Le plus grave, c’est peut-être le symbole. La Nouvelle-Calédonie se divise un peu plus chaque mois entre un secteur public protégé, sanctuarisé, et un secteur privé utilisé comme variable d’ajustement.

Le privé finance.
Le public dépense.
Et lorsque survient une crise majeure, le privé agonise tandis que le public multiplie les avantages.

Pour ce long week-end de novembre 2025, des milliers de salariés du privé travaillent, parfois dans des structures fragiles, pour maintenir une activité déjà en pointillé. Pendant ce temps, l’administration ferme ses portes. Une administration qui, rappelons-le, dépend entièrement des recettes générées par ces mêmes entreprises qui n’ont pas droit au moindre répit.

Le manque de solidarité est flagrant. Le message envoyé est terrible : le pays peut bien s’effondrer, les règles ne changent pas. Les habitudes non plus.
C’est un scandale, et un révélateur brutal du déséquilibre qui gangrène la Nouvelle-Calédonie depuis trop longtemps.

Il ne s’agit ni d’opposer les Calédoniens entre eux ni de jeter l’opprobre sur des milliers de fonctionnaires dévoués. Il s’agit de rappeler une évidence simple : sans secteur privé, il n’y a pas de secteur public.
Et aujourd’hui, le privé est en train de tomber. Or au lieu de l’aider, on l’ignore. Pire : on lui impose d’assumer des charges qui ne cessent de croître, tout en finançant des jours chômés dont il ne bénéficie pas.

Le temps des illusions est terminé. Le pays ne pourra pas se relever si chacun ne prend pas sa part d’effort. L’administration doit assumer sa responsabilité. Et cela passe d’abord par la fin d’un modèle où l’on s’accorde des ponts alors que l’économie brûle encore.

#nouvelle-calédonie#secteur privé#jours fériés#recettes fiscales#crise économique#budget calédonien#scandale administratif#insurrection 13 mai#entreprises sinistrées#ponts 2025#secteur public
Retour a l'accueil

Newsletter

Recevez les derniers articles par email.

INFOS
Fiji Airways relance sa ligne vers Nouméa•Nouméa : gestion explosive en prison•Jusqu’à 80 % d’aides : l’opportunité à ne pas rater en 2026•Le jour où le régime chinois a tiré sur sa jeunesse•France : quand croire devient un risque•Tanéo 2026 : la fin des trajets trop chers ?•SONDAGE – Face aux casseurs, 85 % des Français approuvent la reconnaissance faciale•la Russie renforce discrètement son influence à Vanuatu•Mapou part seul : coup de poker en province Sud•Une simple maintenance qui fragilise toute la Grande Terre•Fiji Airways relance sa ligne vers Nouméa•Nouméa : gestion explosive en prison•Jusqu’à 80 % d’aides : l’opportunité à ne pas rater en 2026•Le jour où le régime chinois a tiré sur sa jeunesse•France : quand croire devient un risque•Tanéo 2026 : la fin des trajets trop chers ?•SONDAGE – Face aux casseurs, 85 % des Français approuvent la reconnaissance faciale•la Russie renforce discrètement son influence à Vanuatu•Mapou part seul : coup de poker en province Sud•Une simple maintenance qui fragilise toute la Grande Terre•
--:--

En Direct

1/2
16:00

Fiji Airways relance sa ligne vers Nouméa

L'actualité locale

15:00

Nouméa : gestion explosive en prison

L'actualité locale

13:00

Jusqu’à 80 % d’aides : l’opportunité à ne pas rater en 2026

L'actualité locale

12:00

Le jour où le régime chinois a tiré sur sa jeunesse

Mémoire

11:00

France : quand croire devient un risque

Au delà du récif

Voir tout le fil d'actualité

Continuer la lecture

L'actualité locale

Fiji Airways relance sa ligne vers Nouméa

Deux fois par semaine, le ciel du Pacifique va de nouveau rapprocher Nouméa du reste du monde.Après plusieurs années d’interruption, une liaison aérienne...

4 juin 2026
5 min
L'actualité locale

Nouméa : gestion explosive en prison

La colère monte derrière les murs du centre pénitentiaire de Nouméa.Face à une organisation jugée chaotique, les surveillants tirent la sonnette d’alarme.Une...

4 juin 2026
3 min
L'actualité locale

Jusqu’à 80 % d’aides : l’opportunité à ne pas rater en 2026

Deux priorités s’imposent aujourd’hui : agir concrètement pour les territoires ultramarins et cesser les promesses sans lendemain.En Nouvelle-Calédonie, l’État...

4 juin 2026
3 min
Voile à l’Assemblée : quand la République baisse la tête

Article precedent

Voile à l’Assemblée : quand la République baisse la tête

« Négrophobie d’État » : carton rouge pour NC La 1ère

Article suivant

« Négrophobie d’État » : carton rouge pour NC La 1ère