Le PS lâche Faure

Résumé IA
Raphaël Glucksmann remporte la primaire socialiste dès le premier tour avec 66,17 % des voix, devant Olivier Faure qui recueille 14,46 %. Le scrutin, prolongé après une cyberattaque, valide la ligne de rupture avec La France insoumise. Marine Tondelier dénonce un « repli », tandis que la gauche reste divisée.
Un plébiscite pour l’un, une gifle pour l’autre. Dès le premier tour, les électeurs socialistes ont tranché : Raphaël Glucksmann ira en 2027.
Olivier Faure, le grand perdant de la soirée
Le verdict est tombé dimanche soir. Il ne laisse place à aucune interprétation.
Raphaël Glucksmann, leader de Place publique, a été désigné candidat de la gauche sociale-démocrate à l’élection présidentielle dès le premier tour de la primaire. Ce sont les organisateurs eux-mêmes qui ont annoncé le résultat.
Les chiffres sont sans appel. Sur 120 787 votants, l’eurodéputé obtient 66,17 % des suffrages, soit 79 613 voix. Deux électeurs sur trois. Une victoire nette, construite sur une ligne claire : celle de la rupture avec La France insoumise.
Derrière le vainqueur, le décrochage est brutal.
Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, ne recueille que 17 398 voix. À peine 14,46 %. Pour celui qui avait conduit le PS dans l’alliance de la Nupes en 2022 et qui défendait encore une ligne de rassemblement de toute la gauche, le message envoyé par sa propre famille politique est limpide. Sa stratégie est largement désavouée.
Le reste du peloton n’a pas pesé davantage. Ségolène Royal, Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel terminent tous sous la barre des 10 %. L’ancienne candidate de 2007, créditée de 7,6 % des voix, s’est dite « très déçue mais sans regrets ».
Le scrutin lui-même n’a pas été de tout repos. Vendredi, la plateforme de vote a été la cible d’une cyberattaque, ce qui a contraint les organisateurs à prolonger le vote jusqu’à dimanche. Un incident qui n’a visiblement rien changé à la tendance de fond.
Rompre avec LFI, la ligne qui a convaincu
Ce que les sympathisants ont validé dimanche, c’est d’abord un positionnement. Raphaël Glucksmann n’a jamais caché sa volonté de tourner la page de l’alliance avec les mélenchonistes. Les électeurs de la primaire l’ont suivi massivement.
Sur X, l’eurodéputé a salué une victoire « ensemble » et remercié celles et ceux qui ont fait campagne à ses côtés. Selon lui, ce résultat démontre qu’une gauche fidèle à ses valeurs peut encore rassembler, gouverner et gagner, en parlant de justice, d’écologie et de République sans rien abandonner.
Puis cette phrase, qui sonne comme un avertissement adressé à son propre camp : « Nous ne sommes pas là pour gagner une querelle à gauche. Nous sommes là pour gagner l’élection présidentielle. »
Son programme tient en trois objectifs affichés : tourner la page du macronisme, « empêcher l’extrême droite » et « changer la vie ». Le vieux réflexe du barrage, donc, reste au cœur du discours, même chez celui qui prétend renouveler la gauche.
Le candidat s’est toutefois voulu prudent. Cette première place, assure-t-il, ne lui confère aucun droit. Rien n’est acquis. Elle l’oblige au contraire à écouter, à convaincre, à aller chercher chaque voix jusqu’en 2027.
Les ralliements n’ont pas tardé. Jérôme Guedj lui a apporté un soutien appuyé : « La primaire, désormais, elle est derrière nous. Le vote est clair. » Le député appelle à entrer en campagne au plus vite. Emmanuel Maurel, lui, estime que la gauche est « partie sur de bons rails ».
Tondelier dénonce le « repli », la gauche toujours fracturée
Tout le monde, en revanche, n’a pas applaudi.
Chez les écologistes, la pilule passe mal. Marine Tondelier a regretté dimanche que le vainqueur soit « celui qui fait le choix du repli », en refusant selon elle toute perspective d’alliance large englobant l’ensemble de la gauche et les écologistes.
La secrétaire nationale des Verts persiste et signe sur X : elle reste convaincue que le chemin de la victoire passe par le refus du « clanisme » et du concept de « gauches irréconciliables ».
Le problème, c’est que son propre parti n’est pas plus uni que le reste de la gauche. Les écologistes sont aujourd’hui tiraillés entre trois options : une candidature autonome, une alliance avec Jean-Luc Mélenchon, ou un rapprochement avec Raphaël Glucksmann. Difficile, dans ces conditions, de donner des leçons d’unité.
Au fond, cette primaire a surtout clarifié une chose. La gauche française ne parle plus d’une seule voix, et sa frange sociale-démocrate a choisi de solder l’héritage de la Nupes et du Nouveau Front populaire. Reste désormais à savoir si cette ligne trouvera un écho au-delà des 120 787 votants de dimanche.
(Crédit photo : Sarah Meyssonnier / REUTERS)



