La Dépêche de NouméaLa Dépêche de Nouméa
NouméaChargement...
En direct
L'Actualité locale
Politique
Économie
Société
Coup de gueule
Journée mondiale

Aucun dossier disponible

Le DebriefMémoireTribuneAu-delà du récifSudTVMétéo

Chargement...

Nouméa

Accueil
PolitiqueÉconomieSociétéCoup de gueuleJournée mondiale

Aucun dossier

Le DebriefMémoireTribuneAu-delà du récifSudTVMétéo

Suivez-nous

La Dépêche de Nouméa

Votre source d'information en Nouvelle-Calédonie. Actualités, politique, économie, sport et culture.

contact@ladepeche.nc
Nouméa, Nouvelle-Calédonie

Rubriques

  • Actualité locale
  • Le Debrief
  • Mémoire
  • Tribune
  • Au delà du récif
  • SudTV

Liens utiles

  • Météo
  • En Direct
  • Régie publicitaire

Abonnement

Recevez toutes les actualités chaque matin dans votre boite mail.

Suivez-nous

© 2026 La Dépêche de Nouméa

Mentions légalesConfidentialitéCookies
0%
AccueilL'actualité locale
L'actualité locale

La dette calédonienne explose : le chiffre qui fait trembler

10 décembre 2025 à 08:05
5 min de lecture
La dette calédonienne explose : le chiffre qui fait trembler
Partager
AAAA
Aa

Deux chiffres claquent comme un uppercut : un PIB en chute de 15 % et une dette locale qui frôle les 200 milliards de francs. En Nouvelle-Calédonie, l’année 2024 n’a pas seulement été difficile : elle a révélé les limites d’un système public devenu dépendant de l’État.

Au point qu’au 31 décembre, la dette locale représentait 21,5 % du PIB : une alerte rouge que la Chambre territoriale des comptes détaille sans détour.

Une année noire pour l’économie calédonienne

Ce que la Chambre territoriale des comptes décrit est clair : 2024 restera comme l’une des années les plus sombres qu’ait connues l’économie calédonienne depuis une décennie. Entre l’effondrement du nickel, la mise en veille puis la fermeture de l’usine du Nord, et les émeutes du 13 mai, la machine économique a décroché brutalement. Le PIB s’effondre à 916 milliards après un recul historique. La production minière est coupée en deux, les exportations chutent de 93 %, le tourisme se vide et le chômage explose à +124 % par rapport à 2023.

Dans une telle tornade, la vie chère ne disparaît pas : elle s’installe. Malgré une inflation redescendue à 1 %, les prix alimentaires continuent leur envolée (+3,3 %). Les ménages serrent les dents, les entreprises suffoquent et les pouvoirs publics tendent la main. Pourtant, rien n’y fait : l’économie cale.

Et quand l’économie cale, la dépendance augmente. Celle envers l’État devient massive : 260 milliards de francs injectés en 2024, soit 28 % du PIB, entre sécurité, aides d’urgence, subventions et avances. Sans Paris, le territoire entrait en arrêt cardiaque budgétaire.

Des dépenses publiques instables et une épargne qui s’évapore

La situation financière du secteur public local se dégrade d’une manière qui n’a rien d’anodin. Si la dépense globale recule de 10 %, ce n’est pas grâce à une gestion vertueuse, mais parce que l’investissement s’est effondré de moitié, un niveau historiquement bas : seulement 38 milliards en 2024.

Les charges de fonctionnement, elles, continuent d’augmenter fortement (+6,4 %). Un effet ciseaux redoutable : recettes en recul, dépenses en hausse. L’épargne brute se liquéfie, passant de 31,3 à seulement 10,4 milliards en un an. Autrement dit : la marge de manœuvre disparaît.

Pour la Nouvelle-Calédonie seule, les charges réelles bondissent de 45 %, notamment à cause des dépenses exceptionnelles liées aux émeutes. À l’inverse, les provinces et les communes tentent tant bien que mal de serrer leurs budgets. Mais l’ensemble des collectivités affiche un besoin de financement de 14,24 milliards, malgré la baisse de l’investissement.

Et voici le nœud : l’endettement explose.
En seulement douze mois, l’encours augmente de 23 milliards, principalement via les nouveaux emprunts contractés pour faire face au choc social et sécuritaire de mai 2024.

Résultat : 197 milliards de dette au 31 décembre 2024, soit 21,5 % du PIB.
Un niveau qui devrait inquiéter tout responsable public attaché à l’intérêt général, à la discipline budgétaire et à la souveraineté financière.

Recettes fiscales en chute, protection sociale au bord de la rupture

Autre claque : les recettes fiscales et les cotisations sociales s’effondrent. La Chambre note une baisse globale de 12 % des prélèvements obligatoires, conséquence directe du recul économique.

Les recettes fiscales nettes perdent plus de 30 milliards en un an, et les cotisations chutent de 11 milliards. Le taux de prélèvements obligatoires tombe à 32,9 %. Autrement dit, la base taxable fond. Et quand la base fond, le modèle social s’asphyxie.

La situation de la protection sociale est édifiante :

  • Tous les régimes de la CAFAT sont déficitaires, sauf les prestations familiales.

  • Les dépenses publiques couvrent 20 % des recettes totales du système.

  • Même avec les réformes engagées en 2023 et 2024, l’équilibre reste hors de portée.

Les chiffres sont indiscutables : le modèle actuel ne tient que sur des transferts massifs de l’État et une fuite en avant financière.

Une exécution budgétaire bouleversée et une crise qui s’étire en 2025

Le rapport montre que le budget 2024 n’a rien à voir avec ce qui avait été voté. Dépenses multipliées par deux pour soutenir la CAFAT, réorientation des recettes, dérapages liés aux crises successives : la trajectoire budgétaire a explosé en plein vol.

En province Sud, les dépenses réelles sont inférieures aux prévisions, signe d’une gestion plus disciplinée. Ailleurs, l’ajustement a été moins marqué.

Quant à 2025, la crise est toujours là. Les investissements publics sont 33 % en dessous des moyennes 2022–2023. Les recettes fiscales n’atteignent que 62 % de leur niveau habituel. Et ce manque est compensé par une hausse spectaculaire des dotations de l’État, multipliées par 1,62.

Autrement dit : sans Paris, le territoire n’équilibre plus rien.

Dans une ligne éditoriale lucide et assumée, il faut le dire clairement : un pays qui dépend à ce point des transferts nationaux renonce peu à peu à sa souveraineté financière.

Le rapport met en lumière un besoin urgent : restaurer une culture de responsabilité, réduire les dépenses structurelles, relancer l’économie réelle, combattre l’assistanat budgétaire qui étouffe la performance publique.

Le rapport de la Chambre territoriale des comptes n’est pas un document technique : c’est une alerte rouge.
L’économie s’affaisse, les recettes s’évaporent, la dette grimpe, la protection sociale sombre, et l’État compense… indéfiniment ?

La Calédonie doit se ressaisir.
Parce qu’une dette à 197 milliards, ce n’est pas un chiffre : c’est un signal.
Celui qu’une collectivité ne peut pas éternellement vivre au-dessus de ses moyens.

#finances publiques Nouvelle-Calédonie#crise économique calédonie#budget local Nouvelle-Calédonie#dette 197 milliards CFP#rapport Chambre territoriale des comptes#dette collectivités locales#déficit protection sociale
Retour a l'accueil

Newsletter

Recevez les derniers articles par email.

INFOS
Origin Cinéma 2026 : la culture en mouvement à Nouméa•Municipales à Nouméa : Philippe Dunoyer officialise sa candidature•Hémicycle sous tension : les dossiers explosifs•25 ans après, une Française reconquiert l’ISS•Cuboméduses : le lagon calédonien sous alerte rouge•Pourquoi le bleu-blanc-rouge s’est imposé au monde•Vous résiliez votre ligne ? Vous perdez Internet•Polynésie française : 2,4 tonnes de cocaïne interceptées en haute mer•L’école peut-elle vaincre le déterminisme social ?•UNC : un pilier stratégique pour la Nouvelle-Calédonie•Origin Cinéma 2026 : la culture en mouvement à Nouméa•Municipales à Nouméa : Philippe Dunoyer officialise sa candidature•Hémicycle sous tension : les dossiers explosifs•25 ans après, une Française reconquiert l’ISS•Cuboméduses : le lagon calédonien sous alerte rouge•Pourquoi le bleu-blanc-rouge s’est imposé au monde•Vous résiliez votre ligne ? Vous perdez Internet•Polynésie française : 2,4 tonnes de cocaïne interceptées en haute mer•L’école peut-elle vaincre le déterminisme social ?•UNC : un pilier stratégique pour la Nouvelle-Calédonie•
--:--

En Direct

1/2
17:00

Origin Cinéma 2026 : la culture en mouvement à Nouméa

L'actualité locale

15:38

Municipales à Nouméa : Philippe Dunoyer officialise sa candidature

L'actualité locale

15:05

Hémicycle sous tension : les dossiers explosifs

L'actualité locale

14:00

25 ans après, une Française reconquiert l’ISS

Au delà du récif

13:00

Cuboméduses : le lagon calédonien sous alerte rouge

L'actualité locale

Voir tout le fil d'actualité

Continuer la lecture

L'actualité locale

Origin Cinéma 2026 : la culture en mouvement à Nouméa

L’Origin Cinéma donne rendez-vous à la presse le jeudi 26 février 2026 à 9h pour présenter sa nouvelle saison. Après une année 2025 qualifiée de « ré-encrage...

15 février 2026
3 min
L'actualité locale

Municipales à Nouméa : Philippe Dunoyer officialise sa candidature

La campagne pour les municipales à Nouméa franchit un nouveau cap. Philippe Dunoyer a annoncé sa candidature à la mairie, avec le soutien de Veylma Falaeo. Une...

15 février 2026
2 min
L'actualité locale

Hémicycle sous tension : les dossiers explosifs

Pendant que les familles calédoniennes préparent cartables et cahiers, les élus retournent au front budgétaire et social.La rentrée 2026 ne sera pas seulement...

15 février 2026
4 min
La couronne sous tension : pourquoi les scandales se répètent

Article precedent

La couronne sous tension : pourquoi les scandales se répètent

Le plan de Sarah Knafo pour privatiser l’audiovisuel public

Article suivant

Le plan de Sarah Knafo pour privatiser l’audiovisuel public