Journée mondiale contre la désertification : quand la terre se dérobe sous nos pieds

Chaque 17 juin, la planète marque une pause pour regarder ce qui disparaît en silence : ses sols. La Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse a été instaurée par l'Assemblée générale des Nations Unies en décembre 1994, après l'adoption de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification. Son objectif : sensibiliser aux méthodes de prévention de la désertification et de rétablissement après la sécheresse.
Un tiers de la planète en danger
Près de 40 % des terres de la planète se dégradent, et des hectares sont perdus chaque seconde. La désertification ne concerne pas seulement les grandes étendues sahéliennes elle touche des régions agricoles, des zones humides fragilisées, des forêts surexploitées. Les prévisions estiment que d'ici 2050, les sécheresses pourraient toucher plus des trois quarts de la population mondiale.
Les conséquences sont multiples et interconnectées : insécurité alimentaire, migrations forcées, conflits pour l'accès à l'eau. L'ONU estime que 700 millions de personnes pourraient être confrontées à un déplacement d'ici 2030 en raison de la pénurie d'eau, aggravée par la sécheresse et la hausse des températures.
Le thème 2026 : restaurer et saisir les opportunités
En 2026, la COP17 réunira les 197 parties à la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification pour accélérer la lutte contre la dégradation des terres. La restauration des écosystèmes s'impose comme la réponse centrale : transformer la dégradation en régénération, à grande échelle. Restaurer les terres, c'est aussi rouvrir des possibilités économiques pour des millions de personnes qui en dépendent directement.
En Nouvelle-Calédonie, la forêt sèche en sursis
Le Caillou n'est pas un désert. Mais il porte en lui une des crises de dégradation des terres les plus sévères du Pacifique Sud : celle de sa forêt sèche. À l'origine, la forêt sèche couvrait près de la moitié ouest de la Grande Terre. Elle ne subsiste aujourd'hui que sur 2 % de sa surface initiale, très fragmentée, avec 700 fragments forestiers dont seulement 80 dépassent les 50 hectares ce qui en fait l'un des écosystèmes les plus menacés de la planète.
Les causes sont connues. Chaque année, plusieurs milliers d'hectares partent en fumée en Nouvelle-Calédonie. Les feux, conséquence de comportements négligents ou d'actes de vandalisme, constituent un facteur majeur de dégradation des forêts et d'érosion du sol. S'y ajoutent l'extension urbaine, les espèces invasives et l'activité minière. Les incendies entraînent des pénuries d'eau en saison sèche, des inondations en saison des pluies, de l'érosion des sols et favorisent les espèces envahissantes.
Des acteurs se mobilisent néanmoins pour inverser la tendance. Depuis 2001, le WWF, en lien avec les collectivités, des instituts de recherche et des associations locales, conduit un programme de conservation et de restauration de la forêt sèche calédonienne, cherchant à convaincre les propriétaires privés qui détiennent près de la moitié des fragments restants d'épargner ce patrimoine.
Restaurer, c'est choisir
La désertification n'est pas une fatalité. C'est un processus que l'on peut ralentir, arrêter, parfois inverser à condition d'en faire un choix politique et citoyen. En Nouvelle-Calédonie comme ailleurs, chaque hectare restauré est une victoire discrète contre l'irréversible.

