Mondial 2026 : les Bleus démarrent en patrons, le Sénégal balayé au petit matin calédonien

Pour son entrée dans la Coupe du monde 2026, l'équipe de France a fait le travail. Devant des supporters calédoniens réveillés aux aurores, les Bleus se sont imposés 3-1 face au Sénégal, mardi soir à New York, portés par un doublé de Kylian Mbappé et un but de Bradley Barcola. Une fin de match haletante, marquée par la réduction du score sénégalaise et la réponse immédiate du capitaine, qui lance idéalement le dernier Mondial de Didier Deschamps.
Une première heure verrouillée
Il fallait s'armer de patience. Pendant plus d'une heure, le scénario a tenu en haleine ceux qui avaient mis le réveil à l'aube coup d'envoi à 6 heures du matin, heure de Nouméa. Solide, discipliné, le Sénégal de Pape Thiaw a longtemps tenu son bloc, refusant le moindre espace à une attaque française pourtant pléthorique. Mbappé, capitaine et fer de lance, a vu Édouard Mendy se dresser sur sa route dès la première période, le gardien sénégalais détournant une frappe du gauche pleine de danger.
Les Lions de la Teranga, eux, ont cru à plusieurs reprises pouvoir piquer. Nicolas Jackson a buté sur la vigilance d'un Dayot Upamecano impérial dans les duels, et plusieurs offensives se sont éteintes sur des hors-jeu de quelques centimètres. À la pause, le 0-0 résumait une affiche tendue, fermée, où chaque ballon comptait.
Mbappé débloque, Barcola enfonce le clou
Le déclic est venu de la connexion qui fait saliver tout le football français. À la 66e minute, Michael Olise a glissé une passe lumineuse dans le dos de la défense, et Mbappé a fait le reste : frappe croisée à ras de terre, imparable pour Mendy. 1-0, et le poids du match qui bascule.
Deschamps a alors sorti sa carte fraîcheur. Entré à la place d'Ousmane Dembélé, Bradley Barcola a immédiatement justifié son choix. À la 82e minute, lancé en profondeur par Adrien Rabiot, l'ailier a ajusté Mendy d'un ballon piqué d'une grande lucidité. 2-0, et le match qui semblait plié.
Un money-time sous tension
C'était sans compter sur l'orgueil sénégalais. Dans le temps additionnel, alors que les Bleus géraient leur avance, Ibrahima Mbaye a relancé le suspense d'une réalisation à la 90e+5, ramenant les Lions à une longueur et offrant à la fin de match des allures de finish à couteaux tirés. Une minute aura suffi pour éteindre tout espoir : à la 90e+6, Mbappé a répondu du tac au tac, signant son doublé et scellant un 3-1 sans appel. Le capitaine, déjà recordman de buts en sélection, continue d'écrire sa légende au pire moment pour ses adversaires.
Vingt-quatre ans après, la revanche d'un traumatisme
Ce succès avait une saveur particulière. Le dernier France-Sénégal en Coupe du monde remontait à 2002, et il était resté gravé comme l'une des plus grandes humiliations du football tricolore : la défaite des champions du monde en titre dès le match d'ouverture, qui avait précipité une élimination historique au premier tour. Vingt-quatre ans plus tard, les Bleus ont pris leur revanche, sans excès de panache mais avec le sérieux des grands.
La machine est lancée
Tout reste à confirmer dans ce qui a été surnommé le « groupe de la mort ». La France retrouvera l'Irak, puis surtout la Norvège d'Erling Haaland, machine à buts dont la confrontation s'annonce déjà comme le sommet de la poule. Le but encaissé dans le money-time rappellera aux Bleus qu'aucun relâchement ne pardonne à ce niveau. Mais pour une équipe qui aborde le dernier tournoi de l'ère Deschamps avec un effectif galactique, démarrer par trois points et un doublé de sa star, c'est exactement le message qu'elle voulait envoyer. À Nouméa comme à Paris, le Mondial des champions est bel et bien lancé.

