Crise du civisme : quand le “bonjour” disparaît, le pays se fissure

Dans les Coups de gueule d’Océane FM, un thème revient avec insistance : la crise du civisme. Entre “bonjour” oublié, invectives et mépris des règles élémentaires, les témoignages dessinent l’image d’un pays fracturé dans les petits gestes, ces codes discrets qui font tenir une société. Ici, pas de grandes théories : juste le quotidien qui se dégrade, et des auditeurs qui refusent de s’y résigner.
Politesse élémentaire : le thermomètre social qui vire au rouge
Les appels sont clairs : le simple bonjour se perd, et avec lui une part de respect mutuel. Une auditrice résume :
Le bonjour, c’est ce qui est propre à la Calédonie
une autre ajoute,
le civisme, c’est dans les deux sens
La politesse n’est pas un vernis, c’est un contrat social minimal. Lorsqu’il se délite, la défiance s’installe. Et quand le regard qui salue disparaît, la place se libère pour la suspicion… puis pour l’insulte.
Route, queue, règles : petites transgressions, grandes tensions
Sur la route, le miroir est brutal. Appels à la radio : téléphone au volant, distances de sécurité ignorées, ronds-points pris à contresens, fumées noires laissées impunément.
Mets-toi à droite si tu veux rouler tranquille
fulmine une conductrice ; un autre déplore :
Le code de la route, c’est pour tout le monde
Même les forces de l’ordre sont citées par un auditeur pour des passages jugés dangereux en intervention : preuve que l’exemplarité compte. Car le civisme, c’est d’abord montrer l’exemple.
Éducation civique : réparer la base, partout, tout le temps
Le civisme s’apprend et se répète. À l’école (où certains dénoncent des jeux d’argent devant les grilles), dans les familles, au travail, les adultes montrent la voie. Deux obligations s’imposent :
- Rétablir les codes communs (bonjour, file d’attente, respect des lieux, propreté, conduite) par des campagnes locales soutenues et des sanctions cohérentes.
- Former au discernement : réseaux sociaux, rumeur, agressivité en ligne… Le civisme numérique est désormais un morceau du civisme tout court. Comme le dit un auditeur :
On est tous sur le même caillou, il faut vivre ensemble
Cela commence par les règles simples.
Recoller par le bas, tout de suite
Face au recul du civisme, la réponse n’est pas un slogan mais une discipline collective : politesse assumée, rappel des règles, exemplarité des autorités, éducation continue. Repartir de ces petits gestes n’a rien d’anecdotique : c’est reconstruire la confiance, brique après brique. Dire bonjour, respecter la file, lever le pied : des détails ? Non, la base d’un pays apaisé.

