Cette tradition des JO est née à Amsterdam

Deux idées nées en 1928 continuent de rythmer chaque cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques.
À Amsterdam, une tradition universelle voit le jour et façonne pour toujours l'héritage olympique.
Amsterdam 1928 : les Jeux olympiques entrent dans une nouvelle ère
Le 28 juillet 1928, la ville d'Amsterdam ouvre une nouvelle page de l'histoire des Jeux olympiques. Si cette édition n'est pas toujours la plus connue du grand public, elle marque pourtant un tournant décisif. C'est en effet lors de ces Jeux qu'apparaît pour la première fois une flamme olympique allumée dans le stade, une tradition devenue aujourd'hui indissociable de l'événement.
Jusqu'alors, les Jeux olympiques modernes avaient déjà connu plusieurs innovations destinées à renforcer leur identité. Après l'instauration du serment olympique lors des Jeux d'Anvers en 1920, puis l'apparition du village olympique quelques années plus tard, Amsterdam poursuit cette évolution en donnant une dimension encore plus symbolique aux cérémonies.
Le feu est allumé dans un chaudron installé au sommet de l'une des tours du stade olympique, imaginé par le célèbre architecte néerlandais Jan Wils. Visible de loin, cette flamme devient immédiatement le cœur symbolique des Jeux.
L'objectif est clair : rappeler les origines antiques de la compétition et inscrire les Jeux modernes dans la continuité d'une tradition vieille de plusieurs millénaires. À travers ce symbole, le mouvement olympique cherche à transmettre un héritage culturel autant qu'un message d'universalité.
Aujourd'hui encore, cette idée lancée à Amsterdam demeure l'un des moments les plus attendus de chaque édition olympique.
Pierre de Coubertin voulait renouer avec l'héritage de la Grèce antique
La naissance de la flamme olympique ne relève pas du hasard. Elle s'inscrit dans la vision développée par Pierre de Coubertin, fondateur des Jeux olympiques modernes.
Inspiré par la mythologie grecque, Coubertin reprend le symbole du feu sacré. Selon la tradition antique, Prométhée dérobe le feu aux dieux pour le transmettre aux hommes, faisant de cette flamme un symbole de civilisation, de connaissance et de progrès.
Dans la Grèce antique, un feu sacré brûlait déjà durant les compétitions organisées à Olympie. Coubertin souhaite ainsi recréer ce lien historique afin que les Jeux modernes ne soient pas seulement une compétition sportive, mais également un hommage à leurs racines.
C'est également en 1928 qu'est définitivement instaurée une autre tradition toujours respectée aujourd'hui : la délégation grecque ouvre le défilé des nations, tandis que le pays organisateur le clôture.
Ce protocole rappelle que la Grèce est le berceau historique des Jeux olympiques. Depuis près d'un siècle, cette organisation est restée inchangée et participe à l'identité même de la cérémonie d'ouverture.
Fait souvent méconnu, Pierre de Coubertin n'assiste pourtant pas à cette consécration. Fragilisé par des problèmes de santé, il a quitté la présidence du Comité international olympique (CIO) avant l'ouverture des Jeux.
Son influence demeure néanmoins omniprésente, puisque les principales innovations mises en œuvre à Amsterdam découlent directement de sa réflexion.
Une tradition mondiale qui dépasse aujourd'hui le simple sport
En près d'un siècle, la flamme olympique est devenue l'un des symboles les plus puissants du sport mondial.
À chaque olympiade, son allumage marque officiellement l'ouverture des Jeux et rappelle le lien entre les compétitions modernes et l'Antiquité grecque. Si le relais de la flamme à travers plusieurs pays sera instauré plus tard, c'est bien Amsterdam 1928 qui pose la première pierre de cette tradition.
L'édition néerlandaise démontre également la volonté du mouvement olympique de construire un cérémonial fort, capable de rassembler les peuples autour de références communes plutôt que de simples performances sportives.
Après Henri de Baillet-Latour, qui succède à Pierre de Coubertin à la présidence du CIO, l'institution poursuivra cette volonté de préserver les symboles fondateurs du mouvement olympique.
Depuis la création du Comité international olympique, seuls neuf présidents se sont succédé à sa tête. La Belgique occupe une place particulière dans cette histoire puisqu'elle est, avec Henri de Baillet-Latour puis Jacques Rogge, le seul pays à avoir dirigé le CIO à deux reprises.
Près de cent ans après cette journée du 28 juillet 1928, la flamme olympique continue d'incarner bien davantage qu'un simple feu cérémoniel. Elle rappelle que les Jeux ne reposent pas uniquement sur la quête des médailles, mais aussi sur la transmission d'un héritage historique et culturel qui traverse les générations.
À une époque où le sport est souvent traversé par des tensions politiques, économiques ou idéologiques, cette mémoire rappelle qu'il existe encore des symboles capables de rassembler autour d'une histoire commune. L'héritage imaginé par Pierre de Coubertin à Amsterdam demeure ainsi l'un des rares éléments des Jeux olympiques à avoir résisté au temps sans jamais perdre sa portée universelle.
(Crédit photo : Guillaume Brialon)

