Audiovisuel public : encore une dure semaine pour France Télévisions…

À nouveau désavoué par le gouvernement, le groupe de chaînes du service public s'embourbe dans des choix internes qui divisent autant qu'ils interrogent.

Autre secousse de la semaine, le remplacement du directeur de l’information Alexandre Kara par Philippe CorbéSelon nos informations, le décalage d’impact entre Radio France et France TV est un sujet brûlant, et l’arbitrage à suivre sera essentiel. D’ailleurs, « abracadabra », dès le lendemain, soit le vendredi 23 janvier, un nouvel amendement indiquait que la dotation réservée aux médias ne serait finalement réduite « que » de 15 millions d’euros, et que cette diminution serait uniquement supportée par France Télévisions…
Arrivée de Philippe Corbé
Autre secousse de la semaine, le remplacement du directeur de l’information Alexandre Kara par Philippe Corbé – qui exerçait jusque-là cette même fonction à France Inter –, fragilisé, notamment après plusieurs couacs à l’antenne. Pour Tardieu, l’intéressé souhaitait tout simplement « évoluer, après plus de trois ans à son poste, pour travailler à l’intégration de l’intelligence artificielle dans l’information ». Selon un proche de la direction, ce changement s’explique plutôt par la nouvelle organisation : « Jusqu’ici, la direction de l’information dépendait directement de la présidente. C’était très “satellisé” autour d’elle. Mais dans la nouvelle architecture, Stéphane Sitbon-Gomez – le directeur des antennes et des programmes –est désormais au-dessus des directeurs. Ce que ne souhaitait pas Alexandre Kara… » Du côté de la direction, on nous indique pourtant que ces deux-là sont « très copains ». Joint par nos soins, pour tenter de confirmer (ou non) qu’il s’agit bien là de son choix, Kara a déclaré n’avoir « rien à dire »… Une esquive compréhensible puisque, selon nos informations, c’est pourtant bien Delphine Ernotte qui est à l’origine de son éviction à ce poste. « Le timing n’est pas bon, regrette un membre de sa garde rapprochée.Pourquoi maintenant et pas en juin ? C’est vraiment curieux... » D’autant que, dans l’intervalle, une première décision forte serait intervenue. La direction de France Télévisions aurait ainsi interdit à l’émission « C à vous » de recevoir des invités politiques jusqu’à nouvel ordre. « C’est quand même très révélateur. Même lors des présidentielles et des législatives précédentes, on n’avait jamais vu ça. On sent une fébrilité. France TV veut surtout éviter de se faire encore attaquer sur une éventuelle non-neutralité », analyse Renaud Bernard, délégué syndical central de FO. « C’est faux ! », s’insurge aussitôt un membre de la direction du groupe, avant qu’un autre ne nous indique dans la foulée tout le contraire : « Pour le temps de parole, il a bel et bien été demandé aux émissions ‘‘C à vous’’ et ‘‘C dans l’air’’ de ne plus inviter de politiques, mais uniquement jusqu’aux élections municipales. » Là encore, rien n’est moins clair. D’autant plus que la course à la présidentielle suivra très vite… Comprenne qui pourra, donc. »Remue-ménage
En interne, pour expliquer tout ce remue-ménage, une source proche de la direction souligne l’importance de la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public, démarrée à l’Assemblée nationale en novembre dernier et justement relancée cette semaine : « Elle a un impact dévastateur en matière d’image… Mais paradoxalement, à la lecture des événements de cette semaine, c’est elle qui fait bouger les lignes. On ressent une volonté de montrer qu’on se soumet enfin à des règles qui existaient mais n’étaient pas appliquées. »Télécharger l'application Le Journal du Dimanche pour iPhone, iPad ou Android


