«Harcèlement judiciaire et politique» : Rima Hassan dénonce une garde à vue «illégale» et des fuites «planifiées»

L’eurodéputée LFI a tenu vendredi une conférence de presse pour contester sa garde à vue et les fuites d’information sur les enquêtes la visant. Son avocat qualifie la procédure d’« illégale » et dénonce des atteintes à l’immunité parlementaire.
Louise Dugast 03/04/2026

L'eurodéputé Rima Hassan au sortir de sa garde à vue ce vendredi 3 avril 2026. AFP / © Blanca Cruz
L’eurodéputée LFI Rima Hassan a tenu ce vendredi une conférence de presse à Paris, accompagnée de son avocat, Me Vincent Brengarth, pour réagir à sa garde à vue et à la nouvelle enquête dont elle fait l’objet. Me Brengarth a qualifié la situation d’« extraordinaire gravité », dénonçant « l’intensité des atteintes qui ont été portées au droit de Rima Hassan, aujourd’hui et hier ».
À lire aussiRima Hassan convoquée par la police judiciaire après la levée de sa garde à vue
Selon lui, la garde à vue d’hier était « parfaitement illégale » et aurait été construite « de toutes pièces » pour contourner l’immunité parlementaire de l’eurodéputée. « Le sens de l’immunité est de mettre à l’abri les parlementaires des pressions, des menaces d’arrestation ou de poursuite judiciaire pour des propos et des prises de position qui sont politiques et qui relèvent de la liberté d’expression », a-t-il expliqué.
Rima Hassan a contesté fermement les accusations de possession de drogue. « Pendant toute la journée, sur la base de fuites illégales, j’ai dû subir des accusations m’imputant la possession de plusieurs drogues. Ces accusations sont totalement fausses : seule la présence de CBD a été constatée parmi mes effets personnels, ce qui est parfaitement légal et que j’utilise à des fins médicales », a-t-elle écrit sur X.
Me Brengarth a précisé que les tests urinaires étaient négatifs et que, le cas échéant, seule une confusion sur le contenu du CBD pourrait expliquer la polémique, contrairement aux éléments du parquet qui indique qu’un faible taux de THC avait été détecté. L’avocat a rappelé que « le CBD est autorisé sans restriction car c’est ni un stupéfiant, ni un psychotrope » et que Rima Hassan a indiqué aux enquêteurs l’adresse précise du lieu où elle l’avait acheté, « permettant aux services enquêteurs d’en tirer toutes les conséquences ».
« Si Rima Hassan n’était pas Rima Hassan, cette publication n’aurait pas fait l’objet de poursuites »
L’avocat a également dénoncé des violations répétées du secret de l’enquête. « J’ai découvert, grâce à la presse, les termes précis de la publication pour laquelle Mme Rima Hassan était placée en garde à vue, au moment où l’audition n’avait pas débuté. Ces fuites ont été planifiées, organisées depuis le début pour porter atteinte à l’image et à la réputation de Rima Hassan », a-t-il affirmé.
Concernant la publication incriminée sur Kōzō Okamoto, ancien membre de l’Armée rouge japonaise, Me Brengarth a rappelé que « les propos qui ont été postés sont en tout point similaires aux treize tweets qui ont déjà fait l’objet d’un abandon de poursuite » et a démenti toute apologie d’actes terroristes. Selon lui, « si Rima Hassan n’était pas Rima Hassan, cette publication n’aurait pas fait l’objet de poursuites ».
À lire aussi«Narco-parti» : Marion Maréchal tacle LFI après les déboires de Rima Hassan
L’eurodéputée a également défendu son engagement politique. « Au vu de la situation en Palestine, nous sommes tout à fait légitimes à interpeller le gouvernement sur les questions d’impunités d’Israël, des crimes commis et notre responsabilité de citoyens », a-t-elle déclaré. Et d’ajouter : « Ce que je vis aujourd’hui, c’est de la persécution ; je devrais pouvoir choisir mon ton, ma radicalité et mes propos. » Rima Hassan, convoquée ce vendredi dans le cadre d’une nouvelle enquête, doit être jugée le 7 juillet pour « apologie du terrorisme ».

