Je me réveille, et l’actu devient insoutenable

Je me suis réveillé.
J’ai regardé l’actu.
Je n’aurais vraiment pas dû.
À Yaté, il était 16 h 30.
Un père. 44 ans.
Sa fille. 14 ans.
La mer.
Et puis plus rien.
Palmes. Masque. Tuba.
Une sortie simple.
Un week-end normal.
Le courant.
La panique.
Le moment de trop.
Un paddle qui arrive.
Un espoir.
Trop tard.
Deux corps.
À 200 mètres du bord.
Des gestes.
Encore des gestes.
20 h 05.
On arrête tout.
Je me dis que ça va vite.
Je me dis que ça ne tient à rien.
Et puis… ça continue.
À Nouméa.
Tina Golf.
Une petite fille de 2 ans.
Un bébé.
Des violences sexuelles.
Vendredi.
Je bloque.
Je relis.
Le Médipôle.
La police.
Un suspect en garde à vue.
« La police scientifique à pied d’œuvre. »
L’enquête commence.
Je me dis… elle commence ?
Sérieusement ?
Le parquet reprend.
Affaire criminelle.
Et moi, je reste là.
Devant mon écran.
À Koumac, ça brûle encore.
Un hôtel.
300 m² détruits.
Probablement criminel.
À Païta, des enfants choisissent un sport.
Des parents sourient.
Des stands.
De la vie.
Un loto pour les anciens.
Des marchés.
Des gens qui respirent.
Et au milieu de tout ça…
La mer qui tue.
Le feu qui détruit.
Et l’innommable.
Je me dis que l’actu, ce n’est pas une journée.
C’est un choc en continu.
Et parfois,
il n’y a plus rien à dire.
Bref.

