Fièvre aphteuse : alerte maximale sur les importations

Ils pensaient être protégés par leur isolement.
Mais une maladie redoutée refait surface aux portes de l’Europe… et inquiète déjà la Nouvelle-Calédonie.
Une maladie qui revient en Europe… et change la donne
Le signal est clair : la fièvre aphteuse n’est plus un risque théorique. La Direction des affaires vétérinaires et rurales (DAVAR) a déclenché une alerte le 8 avril 2026 après la confirmation de foyers actifs en Chypre et en Grèce, deux pays jusqu’ici considérés comme étant sous contrôle.
Depuis la mi-février, 38 foyers ont été recensés à Chypre, entraînant une campagne de vaccination d’urgence avec plus d’un million de doses mobilisées. Plus inquiétant encore, la Grèce, indemne depuis 1994, est désormais touchée, rapprochant la menace du cœur du continent européen.
Cette résurgence intervient moins d’un an après les cas signalés en Europe de l’Est en 2025, notamment en Allemagne, en Hongrie et en Slovaquie. Un constat s’impose : le virus circule à nouveau activement en Europe.
Autre élément préoccupant : les souches détectées sont différentes d’un foyer à l’autre, ce qui confirme des introductions multiples et indépendantes les unes des autres. En clair, il ne s’agit pas d’un incident isolé, mais d’un phénomène diffus et difficile à contenir.
Des contrôles renforcés : la Nouvelle-Calédonie ferme la porte
Face à cette menace, la Nouvelle-Calédonie n’a pas tardé à réagir. La DAVAR a immédiatement renforcé les règles encadrant les importations de produits sensibles en provenance de Chypre et de Grèce.
Désormais, les viandes, produits laitiers et sous-produits animaux issus d’animaux artiodactyles (bovins, porcins, ovins, caprins, cervidés) doivent obligatoirement avoir subi un traitement spécifique visant à inactiver le virus.
À ces exigences s’ajoute une obligation supplémentaire : une attestation sanitaire complémentaire, signée par les autorités vétérinaires du pays exportateur, s’ajoute au certificat habituel.
Les dates d’entrée en vigueur sont déjà actées :
5 février 2026 pour les viandes
1er mars 2026 pour les produits laitiers et dérivés
Même les produits destinés aux animaux (aliments, jouets alimentaires) sont concernés, avec l’obligation d’un traitement thermique ou chimique stérilisateur.
Le message est sans ambiguïté : aucun relâchement ne sera toléré. L’archipel entend préserver son statut sanitaire, un atout stratégique pour son agriculture et sa sécurité alimentaire.
Une vigilance vitale face à un risque d’importation
La France, comme la Nouvelle-Calédonie, reste indemne de fièvre aphteuse. Mais cette situation repose sur un équilibre fragile : le virus ne peut entrer que par importation ou introduction illégale.
C’est pourquoi les autorités appellent à une vigilance absolue des professionnels : éleveurs, transporteurs et importateurs sont en première ligne.
Plusieurs règles strictes sont rappelées :
Les animaux importés doivent provenir de zones officiellement indemnes
Ils doivent être accompagnés d’un certificat sanitaire officiel
Le transport doit être direct, sans rupture de charge, jusqu’à l’abattoir
Les véhicules doivent faire l’objet d’un nettoyage et d’une désinfection rigoureux
À cela s’ajoute un principe fondamental : la biosécurité ne se négocie pas. Chaque maillon de la chaîne doit appliquer des protocoles stricts, y compris le personnel temporaire.
En cas de symptôme suspect, la réaction doit être immédiate : contacter un vétérinaire sanitaire, qui alertera les autorités compétentes.
Au-delà de la fièvre aphteuse, d’autres maladies émergentes sont également surveillées de près :
peste des petits ruminants, clavelée, peste porcine africaine.
Une réalité s’impose : dans un monde ouvert, la première ligne de défense reste la rigueur.
Et face à ces menaces invisibles, le laxisme n’est plus une option.

