Transition de genre chez les jeunes et santé mentale : ce que révèle une vaste étude finlandaise

REVERS. Publiés début avril, des travaux montrent que la « transition de genre », loin d’améliorer la santé mentale, contribue à la dégrader.
Docteur Martinez Perez 13/04/2026

La souffrance psychique de 2 083 jeunes ayant réclamé un changement de genre fait l’objet d’une étude publiée le 4 avril en Finlande. Sipa / © Armando Franca
Le « changement de genre », préconisé par certains comme une nécessité, pour éviter des drames comme le suicide de jeunes disant souffrir d’une « dysphorie de genre », pourrait avoir l’effet inverse. Les associations qui continuent à le prôner chez les jeunes qui le demandent devraient sérieusement se pencher sur les données publiées le 4 avril par la revue Acta Paediatrica. Elles démontrent que le changement prôné ne résout pas la souffrance psychique. L’étude a été coordonnée par le professeur Riittakerttu Kaltiala, chef du département de pédopsychiatrie de l’hôpital universitaire de Tampere.
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Elle a aussi dirigé la première clinique du genre en Finlande, mondialement connue pour ses publications sur ce sujet. Son travail visait à mieux évaluer les difficultés psychiques des jeunes qui demandent ce changement et suivre leur évolution psychologique, une fois le changement médical entrepris. Il porte sur tous les jeunes de moins de 23 ans qui ont fait une telle demande, en Finlande, entre 1996 et 2019, soit 2 083 personnes. Ces jeunes ont été comparés à 16 643 témoins de même âge, non demandeurs de changement. Parmi ces jeunes souffrant d’une dysphorie de genre, 481 souhaitaient une transition vers le genre féminin, 1 602 vers le genre masculin.
Au total, 38,2 % d’entre eux, soit 796, ont effectivement entrepris la transition médicale – c’est-à-dire des traitements hormonaux masculinisants ou féminisants –, une ablation des seins ou encore une chirurgie génitale (vaginoplastie ou phalloplastie). Premier constat : près de 45 % des jeunes qui envisagent un changement de genre présentent, lors de la demande, une souffrance psychique (dépression, anxiété, automutilation, idées suicidaires), contre 15 % pour les témoins. Surtout, au moins deux ans après une transition médicale, 60 % d’entre eux sont en souffrance, contre 14,6 % des témoins. Parmi les jeunes ayant subi une opération de « réassignation sexuelle », les troubles psychiatriques augmentent même de façon marquée au cours du suivi.
45 % des jeunes qui envisagent un changement de genre présenteraient une souffrance psychique
En revanche, les changements psychiques sont mineurs chez ceux qui disent souffrir d’une dysphorie de genre, mais qui n’ont pas eu de traitements médicaux ou chirurgicaux. « Ces résultats contredisent l’idée qu’il y aurait une amélioration de la santé mentale des jeunes de moins de 23 ans après une prise en charge médicale pour changement de genre, affirme le professeur Riittakerttu Kaltiala. Les troubles psychiatriques nécessitent un traitement approprié, indépendamment de l’identité de genre du jeune. » En réalité, la souffrance psychique de certains peut s’exprimer dans des préoccupations liées au genre, sans avoir rien à voir…
La conclusion de l’étude est claire : « Les besoins psychiatriques ne diminuent pas après une réassignation médicale de genre. » C’est pourtant sur la base de cette idée unique que certains défendent la médecine de genre chez les jeunes, pour des raisons « éthiques ».

