La France insoumise : qu’est-ce que la «nouvelle France» selon Jean-Luc Mélenchon ?

L'ANTISÈCHE. Concept désormais central pour LFI, la « nouvelle France » entend redéfinir l’identité nationale autour des mutations sociales liées aux dernières vagues migratoires. Une vision clivante, accusée par ses détracteurs de rompre avec la pensée républicaine.
Quentin Gérard15/04/2026

Jean-Luc Mélenchon. AFP / © Armand Gesquière / Hans Lucas
Un concept devenu l’élément central du projet de Jean-Luc Mélenchon à la tête de La France insoumise. Derrière l’expression en apparence simple de « nouvelle France » se cache une vision profonde et controversée de l’évolution de la société française. Loin d’être une formule anodine, elle vise à redéfinir ce que signifie être Français au XXIe siècle aux yeux du parti d’extrême gauche.
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Dans l’esprit de son promoteur, la « nouvelle France » désigne une société issue du brassage des populations et des cultures. Elle met en avant une France urbaine, jeune et façonnée par les vagues migratoires des dernières décennies, provenant surtout du Maghreb et de l’Afrique subsaharienne. Ce concept a remplacé l’idée de « créolisation », empruntée au penseur Édouard Glissant, qui valorise le mélange culturel comme moteur d’enrichissement collectif, autrefois porté par l’ancien sénateur socialiste.
« De la capacité de nos listes à incarner la nouvelle France, celle du grand remplacement »
En meeting à Toulouse, en janvier dernier, Jean-Luc Mélenchon a résumé ce principe. « Nous avons besoin de ce scrutin qui puisse être une démonstration du niveau de conscience politique du peuple français dans sa diversité. De la capacité de nos listes à incarner la nouvelle France, celle du grand remplacement, celle de la génération qui remplace l’autre parce que c’est comme ça depuis la nuit des temps », a-t-il lancé.
Fragmentation de la nation ?
Mais cette vision d’une supposée « nouvelle France » est loin de faire consensus. Ses critiques estiment qu’elle introduit une rupture avec l’idéal républicain qui est fondé sur l’assimilation et l’universalité. Selon eux, cette nouvelle vision revient implicitement à opposer une France d’hier à une France d’aujourd’hui. Avec le risque de fragmenter la nation en différents blocs distincts qui seraient définis par leurs origines et religions.
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Le débat se cristallise également autour de la stratégie politique sous-jacente : cette rhétorique vise à mobiliser un électorat issu des quartiers populaires – LFI a réussi une percée lors des municipales dans l’ancienne « ceinture rouge », en remportant par exemple la ville de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) dès le premier tour. À l’inverse, les insoumis y voient une reconnaissance lucide du changement de la société française. Pour eux, il faudrait donc accepter cette nouvelle réalité.

