École : chute historique des élèves d’ici 2035, le signal d’alarme

Ils ne disparaissent pas du jour au lendemain. Mais, année après année, les bancs se vident.
Derrière les chiffres, une réalité brutale : la France fait moins d’enfants… et l’école encaisse le choc.
Une chute démographique qui frappe directement l’école
Le constat est désormais impossible à ignorer : la baisse des naissances en France, amorcée depuis 2010, produit ses effets en cascade sur tout le système éducatif. Moins d’enfants aujourd’hui, ce sont mécaniquement moins d’élèves demain.
La Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP), rattachée au ministère de l’Éducation nationale, a publié, le 7 avril 2026, une étude de référence sur l’évolution des effectifs scolaires à horizon 2035. Et ses conclusions sont sans appel.
Depuis 2016, le premier degré perd des élèves. Depuis 2024, c’est au tour du second degré d’entrer dans la même dynamique. Autrement dit, toute la chaîne éducative est désormais touchée.
Le scénario retenu repose sur un indice de fécondité de 1,5 enfant par femme à horizon 2030, un niveau très inférieur au seuil de renouvellement des générations fixé à 2,1.
Ce choix n’a rien d’anodin : il traduit une réalité démographique durable, et non une simple fluctuation conjoncturelle.
Résultat : la France entre dans une phase de contraction scolaire structurelle, directement liée à une crise de natalité qui s’installe dans le temps.
– 1,6 million d’élèves : des classes qui se vident à grande vitesse
Les chiffres avancés par la DEPP donnent la mesure du phénomène. D’ici 2035, le système éducatif pourrait perdre 1 676 800 élèves, soit une chute de 14,2 % des effectifs actuels.
Dans le détail, la baisse sera plus marquée dans le premier degré :
933 000 élèves dans le primaire (-15,2 %)
743 800 élèves dans le secondaire (-13,2 %)
Ce décalage s’explique simplement : les générations moins nombreuses entrent d’abord en maternelle et en élémentaire, avant de se répercuter progressivement au collège puis au lycée.
À horizon 2035, les projections sont particulièrement parlantes :
5 216 400 élèves dans le premier degré, contre 6 149 400 en 2025
4 875 900 élèves dans le second degré, contre 5 619 700 en 2025
Autrement dit, ce sont des centaines d’écoles, de classes et, potentiellement, de postes qui pourraient être directement impactés.
Cette baisse ne sera pas uniforme. La majorité des académies est concernée, mais certaines zones rurales ou déjà fragiles pourraient subir des chocs encore plus violents.
Un point mérite toutefois d’être souligné : cette baisse n’est pas liée à une réforme ni à un choix politique immédiat, mais bien à une réalité démographique profonde.
2026 : premières secousses visibles dans toutes les classes
Avant même 2035, les effets sont déjà tangibles. La rentrée scolaire 2026 marque une nouvelle étape dans cette décrue continue.
Dans le premier degré, les effectifs devraient atteindre 6 024 100 élèves, contre 6 149 400 en 2025, soit une baisse de 2 %, plus forte que l’année précédente.
Dans le détail :
En maternelle, 2 171 400 élèves, soit -2,6 %
En élémentaire, 3 793 600 élèves, soit -1,8 %
Le second degré commence lui aussi à reculer :
5 583 500 élèves attendus en 2026, soit 36 200 de moins qu’en 2025
Au collège, la baisse est particulièrement significative, avec 37 400 élèves en moins. Elle s’explique par un simple effet de génération : les élèves entrant en sixième sont moins nombreux que ceux qui quittent la troisième.
Au lycée, la situation est plus contrastée :
Les filières générales et technologiques reculent légèrement
Les filières professionnelles, elles, progressent encore, avec +1 % dans le public
Ce point est loin d’être anodin. Il traduit une évolution structurelle des choix d’orientation, mais aussi une adaptation progressive du système éducatif à des profils d’élèves différents.
Mais, au-delà des ajustements, une réalité s’impose : la baisse du nombre d’élèves n’est plus une projection, c’est un fait déjà en cours.
Et derrière cette transformation silencieuse, une question politique majeure se profile : comment adapter l’école française à une population qui diminue… sans affaiblir son niveau ni son exigence ?
(Crédit photo : LE DAUPHINE/MAXPPP / © PHOTOPQR)

