Je me réveille… et l’actu dépasse la fiction

Je me réveille.
Je regarde l’actu.
J’aurais peut-être pas dû.
Un homme de 78 ans mort.
Chez lui.
À Endemia.
Son fils avoue.
Sabre. Altercation. Fin.
Ambiance.
Je me dis que c’est rare.
Puis je me rappelle que non.
Je change de sujet.
Erreur.
Un rameur attaqué par un requin.
Encore.
Nouméa.
La mer.
Le soleil.
Et maintenant, des requins de 4 mètres.
Du coup, la mairie réagit.
Filets.
Prélèvements.
Interdictions.
Débats.
Les gens disent : « c’est leur habitat ».
La mairie dit : « oui, mais nous aussi. »
Moi, j’hésite entre nager…
et rester en vie.
Je continue.
Les avions d’Aircalin tombent en panne.
Les deux.
En même temps.
Sydney annulé.
Papeete annulé.
Timing parfait.
Le Betico aussi s’arrête.
Moteur fatigué.
Comme tout le monde.
Tu veux bouger ?
Tu peux pas.
Tu veux rester ?
Faut éviter la mer.
Je regarde la politique.
Je regrette.
Démissions.
Tensions.
Alliances improbables.
Personne n’est d’accord. Tout le monde parle.
À Dumbéa, on parle sécurité.
Normal.
Entre les violences passées
et les tensions actuelles,
les gens veulent juste vivre tranquilles.
Concept ambitieux.
Je souffle.
Je me dis que le week-end arrive.
Concerts.
Marchés.
Course électro.
Un peu de vie normale.
Enfin… normale.
Parce qu’au fond,
entre un père tué,
des requins géants,
des avions cloués au sol
et des politiques en vrac…
Je me dis un truc simple :
Aujourd’hui,
le plus dangereux,
c’était pas de sortir.
C’était de lire l’actu.
Bref.

