XV de France : une claque après une frayeur monumentale

Deux cartons, une entame chaotique… puis une démonstration implacable.
À Cardiff, les Bleues ont rappelé qu’elles restent des prétendantes sérieuses au trône européen.
Une première période inquiétante, marquée par l’indiscipline
Le XV de France féminin a bien failli se piéger lui-même. À Cardiff, dans l’antre de l’Arms Park, les Tricolores ont livré une entame de match fébrile et indisciplinée, loin des standards attendus à ce niveau de compétition.
En quarante minutes, les Bleues ont concédé huit pénalités, un chiffre alarmant qui a immédiatement mis l’équipe sous pression. Pire encore, les sanctions disciplinaires sont venues alourdir la note : Yllana Brosseau et Pauline Bourdon Sansus ont écopé de cartons jaunes, laissant leurs coéquipières en double infériorité numérique.
Une situation critique, exploitée logiquement par le pays de Galles, qui a obtenu un essai de pénalité. Résultat : une équipe de France acculée, dominée dans les duels et fragilisée sur les ballons portés.
À la pause, le constat est sans appel : 7-7, un score de parité presque flatteur au vu du déroulement du match. L’essai de Fall Raclot a permis de limiter la casse, mais le contenu restait préoccupant.
L’ouvreuse Carla Arbez n’a d’ailleurs pas mâché ses mots :
Ce qui nous met dans le jus, ce sont nos cartons, notre indiscipline.
Une lucidité salutaire, mais qui souligne un mal récurrent.
Une réaction d’orgueil et un rugby enfin maîtrisé
Au retour des vestiaires, le visage des Bleues a radicalement changé. Plus concentrées, plus disciplinées et surtout beaucoup plus efficaces dans le jeu, elles ont repris le contrôle du match avec autorité.
Le nouveau projet de jeu, axé sur la vitesse et la précision, a enfin trouvé sa pleine expression. Manae Feleu a sonné la révolte, avant que Léa Murie ne creuse l’écart sur une action parfaitement construite.
Dans la foulée, Pauline Bourdon Sansus, pourtant sanctionnée en première période, s’est rattrapée en inscrivant un essai plein de malice. Une réponse sur le terrain, à la hauteur des attentes.
Mais c’est surtout Anaïs Grando qui a marqué les esprits, avec un doublé en fin de rencontre, illustrant la supériorité physique et technique des Françaises.
En seconde période, le rapport de force s’est complètement inversé : les Galloises, dépassées, ont accumulé les fautes, tandis que les Bleues ont enchaîné les séquences offensives avec une efficacité clinique.
Résultat final : 38-7, avec le bonus offensif. Une victoire nette, sans contestation possible.
Des ambitions intactes, mais des failles à corriger
Avec ce deuxième succès bonifié dans le Tournoi des Six Nations, la France reste pleinement en course pour un Grand Chelem. À égalité avec l’Angleterre, ultra-dominatrice face à l’Écosse (84-7), les Bleues confirment leur statut de prétendantes.
Mais tout n’est pas parfait, loin de là.
Cette nouvelle entame ratée, déjà observée face à l’Italie, pose question. À ce niveau, face à des nations comme l’Angleterre ou l’Irlande, ce type de relâchement pourrait coûter très cher.
Pauline Bourdon Sansus l’a reconnu sans détour :
Il va falloir le faire dès la première période, sinon ça peut être vraiment compliqué.
Autre point d’inquiétude : l’état physique de l’effectif. Les sorties pour blessure de Yllana Brosseau et Gabrielle Vernier viennent fragiliser un groupe déjà très sollicité.
Prochaine étape : la réception de l’Irlande au stade Marcel-Michelin de Clermont-Ferrand. Un test plus relevé, face à une équipe capable de sanctionner la moindre approximation.
Une chose est sûre : le talent est là, la puissance aussi. Mais pour espérer détrôner l’Angleterre, les Bleues devront afficher une rigueur totale, dès la première minute.
(Crédit photo : France Rugby)

