Je me réveille, la Calédonie est déjà en pré-campagne

On a fini les vacances, mais pas les tensions
Ce week-end, la politique calédonienne n’a pas pris de pause.
Et nous non plus.
Je me suis réveillé avec un territoire déjà tourné vers les provinciales de juin.
Le Palika s’est réuni pour parler avenir institutionnel, calendrier bancal, texte rejeté à Paris et suite des négociations. En gros, plus personne ne sait vraiment par où ça passe, mais tout le monde sait que le chrono tourne.
Du côté du nouveau FLNKS, convention à Païta.
Rien n’a filtré. Le grand classique local : on se réunit, on discute, on sort, et on laisse tout le monde deviner.
En face, Génération NC a fait son conseil politique. Bilan des municipales, préparation des provinciales, et surtout soutien annoncé à Sonia Backès dans le Sud. Avec, au passage, une idée simple : élargir la fédération loyaliste au Rassemblement pour éviter la division. En clair, même chez ceux qui parlent d’union, tout le monde a bien compris qu’à ce stade, la moindre fissure peut coûter cher.
Pendant ce temps-là, pour le dernier jour des vacances, Nouméa a offert un programme très calédonien : regarder la mer… sans y aller.
Entre le risque requin, les méduses, les raies et l’interdiction de baignade hors zones sécurisées, les familles ont improvisé. Un peu de vélo, un peu de promenade, beaucoup de frustration. Le lagon était là, magnifique, mais version vitrine. On regarde. On admire. On ne touche pas.
Et comme une ambiance compliquée n’arrive jamais seule, Aircalin a encore dû ajuster ses horaires à cause d’un problème technique sur un de ses A330 Néo. Chez nous, même partir à Paris finit par ressembler à une épreuve de résistance mentale.
La semaine qui arrive ne sera pas plus calme.
Il y aura les commémorations du 22 avril 1988 à Ouvéa, une séance du Congrès jeudi, celle de la province Nord vendredi, et la fête de Boulouparis… et Dumbéa avec son omelette géante pour rappeler qu’en Calédonie, on peut passer d’une crise institutionnelle à un événement populaire en moins de vingt-quatre heures sans que personne n’y voie de contradiction.
Et puis au milieu de tout ça, le monde continue de tanguer.
Un deuxième soldat français a été tué au Liban. Le détroit d’Ormuz se rebloque. Les tensions repartent. Même loin, le désordre international finit toujours par nous rattraper un peu.
On a rangé les serviettes.
Mais pas les casques.
Bref.

