LFI : Alma Dufour estime incarner la «Nouvelle France» car elle est jeune et écoute du rap et de la techno

Invitée sur RFI, la députée LFI de Seine-Maritime a défendu la notion de « Nouvelle France », qu’elle considère incarner en raison de son identité personnelle et de ses goûts musicaux.
Gautier Cruchaudet 20/04/2026

Alma Dufour. Hans Lucas via AFP / © Xose Bouzas / Hans Lucas
Depuis que l’expression « Nouvelle France » a fait florès au sein de La France insoumise, chacun y va de sa définition. Invitée de l’émission L’Atelier politique sur RFI ce samedi, la députée LFI de la Seine-Maritime Alma Dufour a estimé incarner ce concept dans la mesure, notamment, où elle écoute « du rap et de la techno »…
Interrogée sur la place prise par la « dimension racialiste » dans le discours de LFI, l’élue dénonce l'« accaparement de l’Assemblée nationale par des élites » homogènes, qui excluraient les classes populaires, les femmes et les « personnes racisées ». « On veut que chaque citoyen français soit considéré comme Français à part entière par les médias […] et ait accès à la représentation politique », a-t-elle fait valoir. Soit que chacun soit représenté par un élu au profil identique au sien ? « Pendant très longtemps, on a dit aux personnes racisées, aux femmes ou aux ouvriers : "Vous êtes français, mais la représentation politique n’est pas trop pour vous" », déplore Alma Dufour, tout en se félicitant de la récente élection de candidats « racisés » tels que Bally Bagayoko à Saint-Denis ou Aly Diouara à La Courneuve.
« Je suis jeune, je suis une femme, j’écoute de la techno et du rap »
« Le problème est : pourquoi il y a moins de femmes (à l’Assemblée nationale) ? Pourquoi il y a moins d’ouvriers ? Pourquoi il y a moins de personnes racisées ? Notre rôle, c’est de rééquilibrer tout ça », martèle-t-elle. La députée insoumise semble oublier l’élection de députés ouvriers à l’Assemblée nationale dès la fin du XIXe siècle, sous la IIIe République, l’élection de Jean-Baptiste Belley en 1797, premier député noir de l’histoire de France, ou encore l’élargissement de la représentation des territoires coloniaux au Parlement en 1946.
Alors que le journaliste lui demande si elle-même, ainsi que Jean-Luc Mélenchon, Mathilde Panot ou encore Manuel Bompard, incarnent cette « Nouvelle France », Alma Dufour répond : « Il faut laisser les gens juger. Je pense que oui, d’après le retour que j’ai, parce que je suis jeune, que je suis une femme, parce que j’écoute de la techno et du rap, et qu’en même temps je peux vous parler du prix de l’énergie et du pétrodollar. »
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L’attention particulière accordée par La France insoumise aux origines ethniques suscite régulièrement la polémique. Le député de Marseille Sébastien Delogu a évoqué en ces termes la candidature de son collègue Bally Bagayoko à la mairie de Saint-Denis, en décembre dernier : « Vous avez une chance qu’un racisé dirige ces deux villes [Saint-Denis et Pierrefitte] et fasse en sorte que le réel peuple de France reprenne le pouvoir ici ». De même, le 22 janvier dernier à Toulouse, Jean-Luc Mélenchon a prétendu que son parti incarnait la France « du grand remplacement » – tout en précisant quelques jours plus tard qu’il faisait allusion au « remplacement des générations ».

