Liban : un deuxième soldat français tué

Ils étaient partis en mission sous mandat international : ils sont tombés sous le feu ennemi.
Au Liban, le prix du sang français vient encore d’augmenter.
Une embuscade meurtrière contre les soldats français de la Finul
Le drame s’est noué dans le sud du Liban, dans une zone où les tensions restent explosives malgré la présence internationale. Un deuxième militaire français engagé au sein de la Force intérimaire des Nations unies au Liban a succombé à ses blessures après une attaque violente attribuée au Hezbollah.
Le caporal-chef Anicet Girardin, 31 ans, maître-chien expérimenté du 132e régiment d’infanterie cynotechnique, a été mortellement touché lors d’une opération de sécurisation. Déployé dans le cadre de l’opération Daman, il participait à une mission essentielle : ouvrir un itinéraire suspecté d’être piégé.
C’est à ce moment précis que l’unité française a été prise sous un feu nourri à très courte distance. Une embuscade brutale, ciblée, révélatrice d’un terrain toujours aussi dangereux. Le sergent-chef Florian Montorio a été tué sur le coup. Anicet Girardin, lui, a été grièvement blessé alors qu’il tentait de porter secours à son camarade tombé.
Le sacrifice d’un soldat et l’hommage de la Nation
Rapatrié en urgence vers la France après avoir été stabilisé sur place, le militaire n’a finalement pas survécu à ses blessures. Le président Emmanuel Macron a salué un « sacrifice » et un engagement exemplaire au service du pays.
Maître-chien depuis près de dix ans, Anicet Girardin incarnait ces soldats de l’ombre, spécialisés dans la détection d’explosifs et la protection des unités sur le terrain. Une mission à haut risque, trop souvent méconnue du grand public, mais indispensable dans les zones de guerre.
La ministre des Armées Catherine Vautrin a rappelé les circonstances du drame : une attaque soudaine, violente, menée par des combattants embusqués. Le chef d’état-major des armées Fabien Mandon a, lui, insisté sur le courage et le sens du devoir du soldat.
Une cérémonie d’hommage national est prévue pour Florian Montorio, tandis que la Nation se recueille désormais pour deux de ses fils tombés en opération extérieure. Deux autres militaires ont été blessés dans cette attaque, preuve supplémentaire de la dangerosité persistante de cette mission.
Une attaque attribuée au Hezbollah qui ravive les tensions
Les autorités françaises, tout comme l’ONU, ont rapidement pointé la responsabilité du Hezbollah dans cette attaque. Une accusation que le mouvement chiite pro-iranien conteste, dans un contexte régional déjà sous haute tension.
Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a affirmé suivre personnellement l’enquête, promettant que les responsables seraient identifiés et traduits en justice. Une déclaration ferme, mais qui devra se traduire concrètement sur le terrain.
Ce nouvel épisode sanglant rappelle une réalité brutale : malgré les mandats internationaux et les efforts diplomatiques, certaines zones échappent encore à tout contrôle effectif. Les soldats français, engagés sous casque bleu, se retrouvent en première ligne face à des groupes armés déterminés.
Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, la France a déjà payé un lourd tribut. L’adjudant-chef Arnaud Frion avait lui aussi été tué récemment en Irak lors d’une attaque de drone.
Derrière ces noms, il y a une vérité que personne ne peut ignorer : la France est engagée, et elle est visée.
Et quand ses soldats tombent, c’est toute la Nation qui est frappée.
(Crédit photo : Le caporal-chef Anicet Girardin. DR)

