Je me réveille… et le passé reprend toute la place

Je me suis levé.
J’ai regardé l’actu.
J’aurais peut-être pas dû.
Ce matin, cérémonie au mont Coffyn.
Croix de Lorraine.
Silence.
Discours.
Mémoire.
Et une médaille. Pas n’importe laquelle.
La médaille de la Résistance.
Rare. Très rare.
Genre collector historique.
On m’explique.
1943. De Gaulle. Londres.
Courage. Guerre. Sacrifice.
Des milliers décorés. Beaucoup morts.
Et la Nouvelle-Calédonie… dedans.
Double distinction, même.
La totale.
Et moi, je galère à finir ma semaine.
Les officiels sont là.
Costumes. Uniformes.
Des jeunes aussi.
Transmission. Héritage.
Ça parle de fierté.
Je hoche la tête.
Je comprends.
Je regarde ma montre.
Pendant ce temps, ailleurs.
On prépare ANZAC Day.
6 h du matin. À l’aube.
Comme en 1915.
Gallipoli.
Des falaises. Des morts.
Beaucoup trop.
Et nous, on met des réveils.
Puis retour au présent.
Le Mont-Dore.
Nouvelle maire.
Nouveaux projets.
Même problème.
Insécurité.
Cambriolages. Délinquance.
Les gens partent.
Elle veut les faire revenir.
Avec des policiers en plus.
Un viaduc en bonus.
Et un peu d’espoir.
Peut-être.
En politique, ça bouge aussi.
Des alliances.
Des avertissements.
Des voix à ne pas gaspiller.
Comme si chaque bulletin était un lingot.
Et puis le reste.
Budget à milliards.
Rodéos illégaux.
Amendes salées.
Pluie. Vent. Vigilance.
Le week-end arrive.
Avec omelette géante.
600 douzaines d’œufs.
Logique.
Je me dis qu’on mélange tout.
La mémoire.
La politique.
La sécurité.
Les fêtes.
Les alertes météo.
Les omelettes.
Et au milieu…
Moi.
Qui essaye de suivre.
Bref.

