Délinquance : la stratégie choc 2026-2030 dévoilée

La délinquance progresse, se transforme et inquiète. Face à cette réalité, l’État promet une réponse plus ferme et mieux coordonnée.
Entre prévention et autorité, le gouvernement veut reprendre la main sur un phénomène qui s’enracine.
Une délinquance en hausse qui impose un changement de cap
Présentée par la ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, Marie-Pierre Vedrenne, la stratégie nationale de prévention de la délinquance 2026-2030 part d’un constat clair : la délinquance change de visage et s’intensifie.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Les violences physiques ont progressé de 5 % en 2025, tout comme les violences intrafamiliales. Plus inquiétant encore, les violences sexuelles ont bondi de 8 %, tandis que les infractions liées aux stupéfiants continuent d'augmenter, notamment les trafics (+8 %).
Chez les mineurs, la situation reste particulièrement préoccupante. Le recours aux armes blanches explose, avec plus de 700 saisies dans les établissements scolaires sur la période récente. Parallèlement, les tentatives d’homicide impliquant des jeunes ont plus que doublé en quelques années.
Autre évolution majeure : la cyberdélinquance devient un phénomène structurant, avec des formes nouvelles de violence, allant du harcèlement en ligne aux escroqueries numériques. Face à cette mutation, le gouvernement assume un discours de lucidité et de fermeté, refusant toute forme de déni.
Une stratégie construite sur le terrain et tournée vers l’autorité
Contrairement aux politiques descendantes souvent critiquées, cette stratégie revendique une construction collective. Environ une vingtaine de préfectures ont dressé des bilans, près d’une trentaine ont organisé des concertations territoriales.
Le Secrétariat général du Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (SG-CIPDR) a également piloté une concertation nationale impliquant élus, associations et professionnels.
Résultat : une feuille de route structurée autour de trois priorités claires :
Adapter la réponse aux nouvelles formes de délinquance, notamment face aux armes blanches, aux narcotrafics et à la haine en ligne.
Instaurer un continuum de prévention, de l’enfance à l’âge adulte, avec un accent mis sur la responsabilité parentale et l’éducation.
Mieux coordonner l’action publique, en renforçant le rôle des maires et des acteurs locaux.
Cette approche repose sur un principe assumé : la prévention ne peut exister sans autorité. Comme le souligne le document, il s’agit de « sanctionner sans faiblesse » tout en agissant en amont.
Fermeté, parents, territoires : les piliers d’une politique assumée
Dans le détail, la stratégie décline près de 50 mesures concrètes. La lutte contre les armes blanches devient une priorité absolue, avec des contrôles renforcés aux abords des établissements scolaires et des sanctions immédiates.
Le numérique est également ciblé. La haine en ligne, le cyberharcèlement et les contenus violents font l’objet de nouveaux dispositifs, incluant des outils de signalement et des actions de sensibilisation.
Sur le terrain des stupéfiants, le gouvernement veut frapper fort. Le narcotrafic est désormais considéré comme un péril majeur, une implication croissante des mineurs. Des programmes spécifiques visent à limiter leur enrôlement et à éviter l’ancrage dans la délinquance.
Mais la stratégie ne se limite pas à la répression. Elle mise aussi sur la responsabilisation. Les parents sont replacés au cœur du dispositif, avec des actions d’accompagnement et de formation, notamment sur les usages numériques.
Le rôle des collectivités locales est renforcé. Le maire est confirmé comme pivot de la prévention, avec des outils de coordination et d’action élargis.
Enfin, une innovation majeure apparaît : la création d’une Académie numérique de la prévention, véritable centre de ressources destiné à professionnaliser les acteurs et diffuser les bonnes pratiques. In fine, cette stratégie marque un tournant idéologique. Elle assume une ligne claire : refuser l’excuse permanente, restaurer l’autorité et agir avant qu’il ne soit trop tard.

