Enercal : ras-le-bol face à l’explosion des violences

La colère monte, et cette fois, elle ne se cache plus.
Face à la montée des agressions, les agents d’Enercal tirent la sonnette d’alarme.
Une montée inquiétante des violences contre un service essentiel
Ce mardi 28 avril 2026, les salariés d’Enercal ont décidé de sortir du silence. Devant leurs unités de travail, ils se sont mobilisés pour dénoncer une réalité devenue intenable au quotidien : insultes, vols, dégradations de locaux, de véhicules et de matériel.
En six mois, ce sont 11 actes de violence recensés. Un chiffre qui, au-delà de sa dimension brute, révèle une dégradation profonde du climat social autour d’un service pourtant vital. Car derrière ces attaques, ce sont des femmes et des hommes chargés d’assurer l’électricité sur l’ensemble du territoire qui sont visés.
La mission d’Enercal est claire : garantir l’alimentation en électricité des Calédoniens, des habitations, des entreprises et des services publics essentiels. Une mission stratégique, souvent invisible, mais absolument indispensable au fonctionnement du territoire.
Et pourtant, ceux qui la remplissent sont aujourd’hui confrontés à une violence croissante, directe et répétée, qui dépasse le simple fait divers pour devenir un véritable problème de société.
Des dégradations qui pénalisent directement les usagers
Ce que certains semblent ignorer ou feignent d’ignorer, c’est que ces actes ne sont pas sans conséquences. Chaque dégradation a un coût, et ce coût finit toujours par retomber sur la collectivité.
Véhicules vandalisés, équipements détruits, infrastructures endommagées : tout cela entraîne des dépenses supplémentaires. Mais au-delà de l’aspect financier, c’est aussi la qualité du service qui est directement impactée.
Les équipes doivent faire face à des retards d’intervention, à la mobilisation imprévue de moyens humains et techniques, et à des opérations de réparation ou de remplacement parfois lourdes. Résultat : des délais rallongés et un service fragilisé.
Autrement dit, attaquer Enercal, c’est pénaliser l’ensemble des Calédoniens, une réalité que l’entreprise tient à rappeler avec fermeté.
Dans ce contexte, Enercal condamne sans ambiguïté toute forme de violence, qu’elle soit matérielle, physique ou verbale, et annonce qu’elle prendra toutes les mesures nécessaires pour protéger ses équipes.
Un appel à l’autorité et à la responsabilité collective
Ce mouvement de mobilisation n’est pas isolé. Déjà, en février dernier, à l’appel de l’USTKE, des salariés avaient débrayé pendant une heure pour dénoncer des faits similaires. Ils avaient alors lancé un message clair aux responsables politiques et coutumiers : il est temps d’agir.
Aujourd’hui, la situation n’a manifestement pas évolué dans le bon sens. Et le constat est sans appel : l’impunité nourrit la répétition des actes.
Face à cette dérive, les salariés d’Enercal réaffirment leur détermination. Ils restent mobilisés pour assurer leurs missions, mais exigent désormais de pouvoir travailler dans des conditions dignes et sécurisées.
Ils lancent également un appel à l’ensemble des Calédoniens : responsabilité, respect et soutien envers celles et ceux qui assurent un service public indispensable.
Car derrière cette crise, c’est une question plus large qui se pose : celle du respect de l’autorité, des infrastructures et du bien commun. Une question que la Nouvelle-Calédonie ne pourra pas éluder indéfiniment.
(Crédit photo : Enercal)

