Je me réveille... et le Le gazole a augmenté cette nuit

C'est férié. Je dors un peu plus longtemps.
À 9h, l'Ustke est dans la rue. Comme depuis 40 ans. La vallée du Tir, le cortège, deux heures dans Nouméa. Il y a du monde, il y en a moins que d'autres années. C'est un long week-end, les gens sont partis en famille. Mais les camarades sont là, ceux qui viennent encore, par habitude ou par conviction — les deux, peut-être.
Je fais le plein.
Le gazole a augmenté cette nuit. 195 francs 30 le litre. Trente-quatre francs de plus d'un coup. L'essence, par contre, a très légèrement baissé. Pour la première fois depuis trois ans, elle est moins chère que le gazole. Je prends ça comme une bonne nouvelle. Faut bien.
Je passe chez le fleuriste.
1 250 francs le brin de muguet. Importé de métropole, forcément — il n'y en a plus de local. Le fret augmente chaque année. La fleuriste garde le même prix quand même. Elle a commandé 2 000 brins. Il en restera peu ce soir, elle dit. C'est la tradition.
Je rentre. J'allume la radio.
Hier soir, les négociations politiques ont encore échoué. Les loyalistes disent qu'il n'y aura pas d'accord avant les provinciales. Que l'État doit prendre ses responsabilités. On est le 1er mai, il fait beau, les banques sont fermées, et le corps électoral est toujours gelé.
Je regarde vers la colline.
Au pied de Notre-Dame du Pacifique, ça prie sans interruption depuis hier 16h. 24 heures. Ça se terminera ce soir à 18h par une messe. C'est le mois de Marie. Des gens se relaient, certains restent toute la nuit. Pour la Calédonie, pour le monde, pour les pays en guerre. Ils disent ça simplement.
Je repense à Pierre Fairbank.
Il avait dit qu'il arrêtait. Il repart s'entraîner en Suisse dans les prochains jours. Il vise les JO de Los Angeles en 2028. Ses huitièmes Jeux. Il est dans le top cinq mondial en sprint handisport fauteuil. Il dit qu'il faut bien remplir les couloirs d'un stade.
C'est le 1er mai. Jour férié, longue journée molle, muguet hors de prix, négociations dans l'impasse, et quelqu'un quelque part qui pousse encore son fauteuil vers Los Angeles.
Bref. Les travailleurs ont défilé. Les politiques, eux, n'ont toujours pas avancé.

