ONACVG : nouvelle directrice et devoir de mémoire renforcé

À l’heure où la mémoire nationale vacille parfois face aux vents de l’oubli, certains engagements rappellent que l’histoire de la France ne se négocie pas.
En Nouvelle-Calédonie, la transmission du souvenir et le respect des anciens combattants reprennent toute leur place avec une nouvelle dynamique assumée.
Une nomination stratégique au service des anciens combattants
Depuis le 1er mai 2026, Tiphaine Leclere a officiellement pris la tête du Service de Proximité de Nouvelle-Calédonie et de Wallis-et-Futuna de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre. Une nomination qui ne doit rien au hasard, tant son parcours incarne une culture de l’État, de l’autorité et du service public.
Forte de plus de quinze ans passés au sein du ministère de l’Intérieur, elle s’est imposée dans des fonctions de responsabilité exigeantes, aussi bien en administration centrale qu’en préfecture, y compris en outre-mer. Son expérience témoigne d’une capacité éprouvée à gérer des situations sensibles, à conduire des réformes structurelles et à porter des décisions dans des contextes parfois tendus.
Dans un territoire comme la Nouvelle-Calédonie, où les équilibres restent fragiles, cette nomination s’inscrit dans une logique claire : remettre l’État au cœur du terrain, au plus près des bénéficiaires. L’ONACVG ne se limite pas à une administration de gestion, il est le garant d’un lien essentiel entre la Nation et ceux qui l’ont servie.
La nouvelle directrice entend ainsi mettre son expertise au service d’une mission fondamentale : accompagner les anciens combattants, soutenir les victimes de guerre et faire vivre la mémoire nationale. Un triptyque qui constitue le socle même de l’engagement républicain.
Une mémoire nationale ravivée à l’approche du 8 mai
Cette prise de fonction intervient dans un contexte hautement symbolique. La France, comme la Nouvelle-Calédonie, s’apprête à commémorer le 8 mai 1945, date marquant la victoire des Alliés sur l’Allemagne nazie. Une date fondatrice qui rappelle le prix du sang versé pour la liberté.
Dans ce cadre, l’action de l’ONACVG prend une dimension particulière. Il ne s’agit pas seulement de commémorer, mais de transmettre une mémoire exigeante, loin des lectures idéologiques ou des tentations de réécriture de l’histoire.
La politique mémorielle portée localement vise à rappeler une vérité simple mais souvent oubliée : la France s’est battue, et des Calédoniens ont répondu présents. Dans un monde où les repères historiques sont parfois brouillés, cette exigence de clarté est essentielle.
La nouvelle direction devra ainsi renforcer les partenariats locaux pour faire vivre cette mémoire auprès des jeunes générations, dans les écoles, les institutions et la société civile. L’enjeu est clair : ne pas céder à l’effacement progressif du récit national.
Une exposition pour honorer l’engagement des Calédoniens
Dans cette dynamique, la maison du combattant ouvre exceptionnellement ses portes au public à l’occasion du 80e anniversaire du retour des volontaires du Pacifique. Une initiative forte qui remet en lumière une page essentielle de l’histoire calédonienne.
L’exposition intitulée « 1939-1945 : les Calédoniens sous l’uniforme » propose une plongée dans les années de guerre à travers une rétrospective structurée et accessible. Composée de quinze panneaux thématiques, elle met en avant l’engagement concret des Calédoniens dans le conflit mondial.
Objets de famille, pièces de collection, témoignages visuels et mannequins en uniforme viennent incarner cette mémoire. Loin d’un simple exercice muséal, il s’agit d’un travail de transmission profondément ancré dans le réel, qui rappelle que l’histoire de France s’est aussi écrite dans le Pacifique.
Des visites guidées sont organisées le premier mercredi de chaque mois, de 14h à 16h, sur inscription préalable. Le prochain rendez-vous est fixé au mercredi 6 mai, offrant au public une occasion concrète de se réapproprier cette mémoire.
Dans un contexte où certains discours tendent à minimiser l’engagement national ou à fragmenter le récit collectif, cette exposition agit comme un rappel salutaire : les Calédoniens ont combattu pour la France, et cela ne se discute pas.
(Crédit photo : ONACVG-SP988)

