Je me réveille… et personne n’est d’accord en Calédonie

Je me suis réveillé samedi.
J’ai vu une vidéo de douze minutes.
Le Premier ministre expliquait que le statu quo n’était pas un destin.
Je crois qu’il l’a dit quinze fois.
À un moment, j’ai cru que c’était le nouveau slogan touristique du Caillou.
Du coup, les provinciales auront lieu.
Avec sécurité renforcée.
Dialogue promis.
Et un corps électoral « ajusté ».
Pas dégelé, hein.
Faut pas exagérer.
Les natifs pourront voter.
Les conjoints aussi.
Enfin… s’ils remplissent correctement les papiers.
Parce qu’en Calédonie, même l’amour finit en procédure administrative.
Pendant ce temps, les Loyalistes disent que c’est « totalement insuffisant ».
Mais ils voteront quand même le texte.
En espérant le modifier.
Puis le défendre.
Puis, peut-être, le contester après.
J’ai perdu le fil vers « système glissant ».
Le FLNKS est au Vanuatu.
Le Medef y était aussi.
Puis le Medef est reparti.
Parce qu’apparemment, le forum économique était devenu politique.
Comme un barbecue qui finit en réunion de copropriété.
À Saint-Louis, des voitures se font encore caillasser à 4 h du matin.
À Robinson, un Carrefour se fait braquer à la voiture-bélier… pour voler de l’alcool.
Le week-end commençait doucement.
Mais sinon, tout va bien.
On prépare les provinciales.
On parle démocratie.
On parle destin commun.
On parle dialogue.
Et tout le monde explique déjà pourquoi il ne sera pas d’accord après les élections.
En métropole, Trump parle de missiles comme d’une « petite tape affectueuse ».
Un bateau avec un virus inquiète le monde entier.
Et moi, j’étais juste en train de boire mon café.
Heureusement, il y avait aussi la fête du cerf et de la crevette à Boulouparis.
Parce qu’en Nouvelle-Calédonie, même au milieu d’une crise institutionnelle, il faut quand même penser au saucisson de cerf.
Et finalement, c’est peut-être ça, le plus calédonien :
parler d’avenir institutionnel le matin
et chercher des crevettes fraîches l’après-midi.
Bref.

