"Ceux qui dressent les communautés les unes contre les autres ne respectent pas le commandement du Christ"

Le week-end de Pâques, les tribus de Lifou se rassemblent à Tingeting - "la paix" en drehu, la langue de l'île - pour la Convention annuelle de l'Église protestante de Kanaky Nouvelle-Calédonie. Entre 1500 et 2000 personnes. Le thème de cette année était résolument politique : "Construisons une souveraineté évolutive pour un équilibre durable."
Parmi les intervenants : Didier Leroux. Catholique, blanc, non-indépendantiste, ancien président d'Aircal. Un profil inhabituel dans ce cadre, qu'il assume pleinement. Il tient d'emblée à dissiper un malentendu : il n'est pas un bisounours. Sa démarche est lucide, pas naïve.
Mais elle est spirituelle avant d'être politique. Convaincu que la dimension chrétienne est absente du débat calédonien alors qu'elle pourrait y jouer un rôle, il a choisi de s'appuyer sur les textes du Christ pour plaider un chemin de paix - fondé sur le deuxième commandement : "Tu aimeras ton prochain comme toi-même."
Selon lui, "les événements de mai 2024 et les postures radicales des uns et des autres favorisent plus la haine que l'amour du prochain, c'est dramatique mais ce n'est pas une raison pour désespérer." Il plaide pour un territoire "sans orgueil ni domination, où chacun aura sa place", Kanak, Wallisien, Blanc.
Son discours intégral est à lire ci-dessous.

