Nicolas Brignone s'impose en Suisse : le Cagou qui ne perd jamais

Il est né à Nouméa. Il roule en fauteuil à 36 ans. Et il vient de décrocher la première place sur 400 mètres lors de sa reprise en Suisse, après des milliers de kilomètres avalés pour y être. C'est Nicolas Brignone. Et son histoire vaut qu'on la raconte.
De la moto au fauteuil : un destin basculé en 2009
Nicolas n'était pas prédestiné à devenir sportif de haut niveau. Plus jeune, il touchait à tout, la gymnastique, le foot mais il était plutôt du genre à vouloir profiter de ses amis. Passionné de motos, la vie avait l'air simple pour ce gamin de Nouméa.
En 2009, tout s'arrête. Un grave accident de la route lui coûte l'usage de ses jambes. Lésion médullaire, fauteuil roulant, vie redessinée du sol au plafond. À 20 ans.
Ce que la plupart auraient vécu comme une fin, Nicolas en fait un point de départ. Il fait la rencontre de son compatriote calédonien Pierre Fairbank, une rencontre qui va changer sa vie. Dès le lendemain, il s'entraîne et se fixe l'objectif de participer un jour aux Jeux Paralympiques. Sa philosophie, il la résume en une phrase qu'il applique depuis :
Je ne perds jamais, j'apprends
Un palmarès construit course après course
Dès 2011, sous la coupe de l'entraîneur Olivier Deniaud, il intègre le collectif fauteuil tricolore, avec des débuts prometteurs aux Mondiaux de Lyon en 2013. La machine est lancée.
Il devient essentiel au groupe, remportant le bronze aux Mondiaux 2015 en relais 4 x 400 mètres, puis aux Championnats d'Europe de Berlin en 2018, il rafle 4 médailles d'argent. En 2021, c'est Tokyo les Jeux Paralympiques, l'aboutissement d'une décennie de travail.
La Suisse, il connaît aussi. Lors d'une compétition à Nottwil et d'autres meetings à Arbon, il avait déjà battu son record personnel sur 200 mètres, avec un chrono de 26''78. Les pistes helvétiques lui réussissent.
Première place malgré le voyage, le froid et la fatigue
Cette reprise 2025 en Suisse résume tout ce qu'est Nicolas Brignone : tenace, lucide, compétiteur jusqu'au bout.
Après un vol depuis Nouméa, forcément interminable depuis le Pacifique, suivi de huit heures de voiture, il enchaîne dès le lendemain avec la compétition. Sous 6 degrés et quelques averses. Pas vraiment le climat pour lequel un Calédonien est conçu.
Résultat : première place sur le 400 mètres. Les chronos ne sont pas encore au niveau attendu, logique, après un tel périple, mais les sensations sont bonnes. Et dans l'athlétisme paralympique de haut niveau, les sensations en début de saison sont souvent plus parlantes que les temps.
La suite arrive vite
La saison européenne est dense, et elle ne laisse aucune marge de confort. Récupération, rester au chaud, décrassage, avant d'enchaîner dès après-demain sur une nouvelle compétition. C'est le rythme qu'il a choisi. Celui d'un athlète qui sait que chaque course compte.
Confiant et motivé, Nicolas Brignone repart. Comme toujours depuis 2009 : en avant.

