Je me réveille… et le territoire avance avec ses cicatrices

Je me réveille samedi matin.
Je prends mon café.
Et la Nouvelle-Calédonie me rappelle qu’ici, on n’oublie pas.
Il y a deux ans, presque heure pour heure, le gendarme Nicolas Molinari tombait au pont de la Coulée.
22 ans.
Une vie coupée net.
Aujourd’hui, on dépose des gerbes.
On se recueille.
On demande même qu’une rue porte son nom.
Parce que parfois, donner un nom à une rue, c’est refuser que l’histoire s’efface.
Puis je regarde les chiffres.
181 151 électeurs sur la liste spéciale provinciale.
Ça monte.
Ça conteste aussi.
Le FLNKS parle de « scandale d’État ».
Le corps électoral redevient un champ de bataille.
Mais version papier.
Enfin… pour l’instant.
À Nouméa, on prépare les provinciales.
56 bureaux de vote.
Regroupés.
Sécurisés.
Parce qu’ici, même voter demande désormais un plan logistique.
Et puis, au milieu de ça, Philippe Dunoyer lance son nouveau mouvement : « Nous ».
Traduction politique : « nous ».
Traduction réelle : « on verra après les élections ».
Lui dit : l’urgence, c’est l’économie.
Pas les grands discours institutionnels.
D’abord remplir le frigo.
Ensuite refaire la Constitution.
Difficile de lui donner tort.
Le week-end essaie quand même d’exister.
Festival burlesque au Centre culturel du Mont-Dore.
Jarry à Païta.
Du théâtre à La Foa.
Du fun car à Boulouparis.
Comme si le territoire disait :
« Oui, on souffre. Mais on sort quand même. »
Et ça, c’est très calédonien.
On commémore.
On polémique.
On vote bientôt.
On danse ce soir.
On rit un peu.
On serre les dents beaucoup.
Je me réveille samedi matin.
Et je comprends que parfois, survivre, c’est déjà une forme de victoire.
Bref.

