La belle cantine : 70 % de produits locaux dans certaines cantines

Dans certaines cantines scolaires calédoniennes, jusqu'à 70 % des produits servis lors d'une période scolaire provenaient de producteurs locaux. C'est l'un des résultats du projet pilote La belle cantine, déployé en 2025 dans six établissements volontaires du territoire.
Mardi 19 mai, l'Agence rurale et l'Agence Sanitaire et Sociale de Nouvelle-Calédonie présentent officiellement les résultats de l'étude d'impact à l'auditorium de la CCI, de 14h à 16h. Ce sera l'occasion de détailler ce que ce chiffre recouvre vraiment et ce qu'il ne dit pas.
Le problème que ce projet tente de résoudre
La restauration scolaire en Nouvelle-Calédonie, c'est des milliers de repas servis chaque jour dans des établissements publics. Et jusqu'ici, la part des produits locaux dans ces menus restait marginale. Pas par mauvaise volonté. Par structure. Les filières d'approvisionnement local n'étaient pas organisées pour répondre aux volumes et aux contraintes des cantines. Les prix restaient souvent moins compétitifs que les importations. Et les élèves mangeaient ce qui était disponible pas forcément ce qui venait d'ici.
La belle cantine a voulu casser cette logique.
Comment ça a marché
Porté par le cluster Pacific Food Lab, le projet repose sur trois axes : développer l'approvisionnement local, réduire le gaspillage alimentaire, sensibiliser les élèves à une alimentation durable. L'Agence rurale et l'ASS-NC ont assuré l'accompagnement technique et financier. L'AFD a financé l'étude d'impact, réalisée par le consortium OPAC-Paradigme-Institut de la Qualité.
Parmi les leviers mobilisés figure une bonification du ticket repas, qui a permis aux cantines participantes d'intégrer davantage de produits locaux sans faire exploser leur budget. Mais attention : selon les premiers enseignements de l'étude, ce mécanisme n'est pas le facteur principal expliquant les résultats obtenus. D'autres éléments implication des acteurs, accompagnement technique, organisation des filières ont compté autant, sinon davantage. La restitution de mardi devra préciser ce point.
Ce que dit le chiffre et ce qu'il ne dit pas encore
70 % de produits locaux. Le chiffre est là. Mais il appelle plusieurs précisions que l'étude mettra sur la table mardi.
D'abord, la notion même de « produit local » ne se limite pas aux produits bruts légumes, fruits, viandes. Elle intègre aussi des produits transformés localement, ce qui change sensiblement la lecture du résultat. Ensuite, ce taux ne s'applique pas à tous les établissements participants de façon uniforme : il représente un niveau atteint dans certaines cantines, sur une période donnée, dans des conditions spécifiques.
Ce n'est pas rien. C'est même une démonstration que c'est faisable. Mais extrapoler ce chiffre sans sa méthodologie serait lui faire dire plus qu'il ne dit.
La suite : passer du pilote au général
Six établissements pilotes, c'est bien. Généraliser le dispositif à l'ensemble du territoire, c'est une autre affaire et c'est précisément ce que la restitution du 19 mai va mettre sur la table.
Dans les semaines qui suivent, trois ateliers opérationnels sont prévus avec les acteurs de terrain : le 29 mai à l'internat provincial de La Foa (8h-11h), le 3 juin au collège de Normandie (13h30-16h30), et une troisième date à confirmer pour le lycée Michel Rocard de Pouembout. Les médias sont invités.
Pourquoi ça compte
Dans un territoire qui importe massivement ses produits alimentaires, développer la part du local dans les assiettes scolaires est à la fois un enjeu économique, sanitaire et identitaire. Chaque franc dépensé sur un produit local reste sur le territoire. La qualité nutritionnelle des produits frais n'est pas comparable à celle des importations transformées. Et apprendre à des enfants à manger ce qui pousse ici, c'est aussi leur apprendre à connaître leur territoire.
La belle cantine ne prétend pas tout résoudre. Mardi, elle va surtout expliquer ce qu'elle a vraiment mesuré. Et c'est déjà plus honnête.
Mardi 19 mai 2026 14h à 16h Auditorium de la CCI, Nouméa.
Agence rurale : Amandine Martin 26 09 70 amandine.martin@agencerurale.nc

