Je me réveille… et un simple stylo a failli tuer

Je me réveille.
Dimanche.
Je regarde les infos.
J’aurais peut-être pas dû.
La nuit dernière, 2 h du mat.
Baie des Citrons.
Un mec bourré.
Une bagarre.
Classique.
Interpellé.
Cellule de dégrisement.
Personne ne porte plainte.
Donc tout va bien.
Je continue.
Mercredi.
Centre pénitentiaire.
Un surveillant ouvre une porte.
Routine.
Sauf que non.
Le détenu sort un stylo.
Un stylo.
Et vise la gorge.
Tranquille.
Réflexe.
Il évite le pire.
Blessure légère.
Mais ambiance tentative d’homicide.
Les syndicats parlent.
Encore.
Manque de moyens.
Manque d’effectifs.
Manque de sécurité.
Ça fait un an qu’ils alertent.
Mais bon.
Apparemment, faut un stylo dans la gorge pour que ça imprime.
Je respire.
Politique maintenant.
Les loyalistes préparent les provinciales.
Ateliers.
Discours.
Procurations.
Organisation.
En face, le FLNKS bloque.
Pas d’ouverture du corps électoral.
Pas d’accord global.
Donc blocage global.
Chacun prépare ses listes.
Chacun reste sur sa ligne.
Tout le monde discute.
Personne ne bouge.
Je regarde l’heure.
J’ai déjà mal à la tête.
Je continue quand même.
À Boulouparis, ça glisse.
Du fun car.
Pas de compétition.
Juste des moteurs.
Du bruit.
De la poussière.
Et des jeunes qui évitent de faire des conneries ailleurs.
Pour une fois, ça fait du bien.
À Païta, ils plantent des arbres.
436 plants.
Des bénévoles.
Du sable.
Un peu d’espoir.
Pendant que certains plantent des coups…
D’autres plantent des racines.
À l’international, ça s’agite.
Trump parle d’accords “fantastiques”.
La Chine ne confirme rien.
Classique.
Au Moyen-Orient, cessez-le-feu prolongé.
45 jours.
Comme un abonnement.
Renouvelable.
Jusqu’au prochain problème.
À Nantes, un ado est mort.
Fusillade.
Trafic de drogue.
Encore.
À Paris, un policier hors service intervient.
Il finit à l’hôpital.
Logique inversée.
Je commence à accélérer.
Du sport.
Du rugby.
Du foot.
Du MotoGP.
Des gens courent.
Des gens gagnent.
Des gens perdent.
Moi je lis.
Eurovision demain.
Une Française.
17 ans.
Top 10 des bookmakers.
On espère.
Comme chaque année.
Je pose mon téléphone.
Je repense au mec bourré.
Au stylo dans la gorge.
Aux politiques qui parlent.
Aux jeunes qui glissent.
Aux arbres qu’on plante.
Aux coups qu’on prend.
Tout s’enchaîne.
Tout coexiste.
Tout continue.
Moi, je voulais juste un café.
Bref.

