Journée internationale contre l'homophobie, la transphobie et la biphobie : une date qui résonne fort

Chaque 17 mai depuis 2005, le monde marque la Journée internationale contre l'homophobie, la transphobie et la biphobie, connue sous l'acronyme IDAHOBIT. En 2026, cette journée prend en Nouvelle-Calédonie une résonance particulière, trois mois après le meurtre de Joëlla à Nouméa.
Une journée ancrée dans l'histoire
La journée a été créée en 2004 à l'initiative du militant français Louis-Georges Tin, fondateur du Comité IDAHO. Elle a été officiellement célébrée pour la première fois le 17 mai 2005. La date du 17 mai a été choisie en référence à la décision de l'Organisation mondiale de la santé de retirer l'homosexualité de la liste des maladies mentales, le 17 mai 1990.
Le thème retenu pour l'édition 2026 est « Au cœur de la démocratie ». Élaboré à l'issue de consultations avec les réseaux LGBTQIA+ régionaux et mondiaux, il rappelle que les sociétés véritablement démocratiques doivent être fondées sur une équité et une justice significatives pour toutes les personnes.
À l'échelle mondiale, la situation reste contrastée. Plus d'un tiers des pays criminalise encore les relations entre personnes de même genre, et seulement 24 autorisent le mariage homosexuel.
En Nouvelle-Calédonie, le drame de Joëlla
Cette journée 2026 s'inscrit dans un contexte particulièrement douloureux pour la Nouvelle-Calédonie. Dans la nuit du 7 au 8 février, Joëlla, une femme transgenre de 45 ans, a perdu la vie après avoir été violemment agressée dans le quartier de Saint-Quentin à Nouméa. Originaire de Normandie, elle vivait depuis plusieurs années sur le territoire, était passionnée de volley-ball et travaillait dans le secteur de la santé.
Deux hommes, âgés de 19 et 24 ans, ont été mis en examen pour meurtre et placés en détention provisoire. Une information judiciaire a été ouverte par le parquet de Nouméa. Le procureur de la République de Nouméa a précisé que la transphobie constituait l'hypothèse privilégiée par les enquêteurs.
Plus de 400 personnes ont participé à une marche blanche organisée en mémoire de Joëlla le 21 février, à Sainte-Marie, à l'appel de l'association Rainbowlution.
Une communauté qui peine à trouver ses appuis
Le drame a mis en lumière la fragilité du tissu associatif calédonien dédié à l'accompagnement des personnes LGBTQIA+. L'association Prismes organise des opérations de sensibilisation à l'homophobie dans les établissements scolaires, et constate une recrudescence des cas signalés par des établissements qui font appel à elle.
De son côté, l'association Rainbowlution NC, dont l'objectif est de visibiliser et réunir la communauté LGBTQIA+ à travers des événements, reconnaît ses limites dans l'accompagnement des personnes en difficulté.
Un rapport parlementaire soulignait déjà que la communauté reste discrète, qu'elle manque de visibilité positive et qu'elle est soumise à de nombreuses moqueries. La question reste taboue et peu de Néo-Calédoniens osent en parler publiquement.
La loi, seul repère commun
Au-delà des positionnements de chacun sur ces sujets de société, un point fait consensus : en Nouvelle-Calédonie comme partout en France, la loi protège toute personne contre les violences et les discriminations, quelle que soit son identité. Le Plan national pour l'égalité, contre la haine et les discriminations anti-LGBT+ 2023-2026 s'applique également sur le territoire, et le Haut-commissariat soutient des appels à projets locaux de prévention et de sensibilisation.
En ce 17 mai 2026, c'est avant tout la mémoire de Joëlla, femme, sportive, calédonienne d'adoption qui plane sur cette journée sur le Caillou.

