Terrorisme : parti faire le djihad en Syrie, il touchait toujours des allocations chômage

Un homme parti faire le djihad a continué à percevoir des allocations chômage tout en recevant de l’argent de proches. Cinq personnes ont été jugées à Paris pour « financement d’entreprise terroriste » et escroquerie aux prestations sociales dans le cadre de cette affaire.
Quentin Gérard 17/05/2026

Logo de France Travail. AFP / © Geoffroy Van Der Hasselt
Parti en Syrie, il continuait à toucher le chômage et recevoir de l’argent de ses proches. C’est le cœur de l’affaire jugée les 11 et 12 mai devant le tribunal correctionnel de Paris, où cinq personnes – quatre femmes et un homme âgés de 29 à 38 ans – ont été jugées pour « financement d’entreprise terroriste ». Deux d’entre elles étaient également poursuivies pour « escroquerie faite au préjudice d’un organisme chargé d’une mission de service public pour l’obtention d’une allocation ». À l’issue de l’audience, le tribunal a prononcé deux dispenses de peine et trois condamnations avec sursis, allant jusqu’à 18 mois de prison.
Au cœur du dossier, Djallal S., un jeune homme originaire de Reims (Marne), ayant grandi dans le quartier Croix-Rouge. Défavorablement connu de la justice, il a cumulé plusieurs condamnations pour délits routiers et infractions liées aux stupéfiants, ainsi que des périodes d’incarcération. Selon des éléments du dossier, il aurait été exposé en détention à des détenus radicalisés.
Enquête préliminaire ouverte en 2022
Un épisode personnel aurait marqué un tournant dans sa trajectoire : la diffusion dans son quartier d’une vidéo intime le mettant en cause. Selon un témoignage recueilli et cité par le média local, « après son histoire et sa honte, il s’est renfermé dans la religion, il était à fond dans la religion et me disait qu’il devait se repentir ». Progressivement, il s’est orienté vers un islam rigoriste avant de quitter la France pour rejoindre la Syrie et un groupe armé salafiste.
Dans les mois suivant son départ, Djallal S. a continué à percevoir des allocations chômage, tout en maintenant des contacts avec certains proches. Des flux financiers, estimés à plusieurs milliers d’euros, ont été identifiés par les enquêteurs. Une enquête préliminaire a été ouverte en mars 2022 par le parquet national antiterroriste, conduisant à plusieurs interpellations en juin 2022, menées par la DGSI avec l’appui du Raid, notamment à Reims.
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Devant le tribunal, les prévenus ont tous contesté avoir eu connaissance de la radicalisation de Djallal S. et de son engagement en Syrie. Ils affirment avoir agi sans intention de soutenir une entreprise terroriste. Les investigations ont également révélé des profils très variés parmi eux, sans antécédents judiciaires pour la majorité, et sans adhésion revendiquée à une idéologie radicale.

