Ces jeunes calédoniens que la province Sud veut sauver

Derrière les grands discours sur l’égalité des chances, certaines politiques publiques agissent concrètement sur le terrain.
En Nouvelle-Calédonie, la province Sud mise sur la responsabilité, l’engagement et le mérite pour tirer les jeunes vers le haut.
Une politique volontariste au service de la jeunesse
Le vendredi 22 mai, Gil Brial, 2e vice-président de la province Sud, et Marie-Jo Barbier, présidente de la commission de l’Enseignement, ont accueilli la 4e promotion de mentors engagés dans un programme structurant. Une initiative concrète qui tranche avec les politiques d’assistanat souvent dénoncées. Ici, il est question de mérite, d’engagement et de transmission.
Douze nouveaux mentors bénévoles rejoignent les équipes déjà mobilisées depuis 2023. Au total, une vingtaine de participants étaient réunis lors de cette rencontre, organisée autour d’un temps de formation, d’échanges et de retours d’expérience. Une dynamique collective qui illustre une réalité simple : la réussite ne tombe pas du ciel, elle se construit.
Piloté par Christelle Berger, chargée de mission mentorat et reconversion, ce dispositif cible les collégiens dès la classe de 5e. Un choix stratégique. À cet âge charnière, tout peut basculer : décrochage ou réussite. La province Sud a fait le choix de l’anticipation plutôt que de la réparation.
Un programme structuré pour combattre les inégalités réelles
Contrairement aux discours idéologiques, ce programme repose sur des fondations solides. Quatre piliers structurent l’accompagnement proposé aux jeunes : l’ouverture socioculturelle, la découverte du monde professionnel, la confiance en soi et la réussite scolaire.
Le mentor joue un rôle central. Il n’est pas un simple accompagnateur, mais un véritable passeur social. Par des échanges réguliers, des sorties culturelles ou des immersions professionnelles, il permet au jeune de sortir de son environnement immédiat. L’objectif est clair : briser les plafonds invisibles qui freinent l’ambition.
Dans une société où certains cherchent à justifier l’échec par le contexte, ce programme affirme une autre vision : chaque jeune peut réussir s’il est accompagné et responsabilisé. Il ne s’agit pas de nier les difficultés, mais de refuser le déterminisme social.
Depuis 2023, 45 mentors se sont engagés dans cette démarche. En 2026, 31 jeunes bénéficient concrètement de cet accompagnement. Derrière ces chiffres, une réalité tangible : des parcours transformés par l’exigence et l’accompagnement.
Un partenariat solide avec Télémaque
Pour déployer cette politique ambitieuse, la province Sud s’appuie sur l’association Télémaque. Forte de plus de vingt ans d’expérience en France, cette structure est reconnue pour son efficacité dans le domaine du mentorat. Elle cible des jeunes motivés, souvent freinés par leur environnement, mais porteurs d’un réel potentiel.
Le 24 avril dernier, lors de l’Assemblée de la province Sud, le partenariat a été renouvelé pour trois ans. Une décision politique forte qui démontre une volonté claire : inscrire ce programme dans la durée et amplifier ses résultats.
Les mentors engagés viennent d’horizons variés : entreprise, banque, énergie, santé, numérique, éducation ou BTP. Cette diversité est une richesse. Elle permet aux jeunes de découvrir des univers professionnels concrets, loin des abstractions scolaires. Le monde du travail redevient une perspective tangible, et non une idée lointaine.
Une vision assumée de l’égalité des chances
À travers ce programme, la province Sud défend une conception exigeante de l’égalité des chances. Il ne s’agit pas d’un slogan, mais d’un levier d’émancipation par l’effort et l’accompagnement. Ici, pas de victimisation, mais une logique de responsabilisation.
L’objectif est limpide : permettre à chaque jeune de développer son potentiel, quels que soient son milieu ou son parcours. Mais cela passe par une condition essentielle : l’implication personnelle. Le mentor ouvre des portes, mais c’est au jeune de les franchir.
Dans un contexte où le débat public est souvent pollué par des postures idéologiques, cette initiative apporte une réponse concrète. Elle montre que la réussite passe par la transmission, l’exigence et la confiance.
La province Sud s’inscrit ainsi dans une logique de long terme : former, accompagner, responsabiliser. Trois verbes qui résument une politique cohérente. Une politique qui refuse le fatalisme et qui parie sur la valeur du travail et l’engagement individuel.
(Crédit photo : province Sud)

