Journée internationale de la pomme de terre : l'éloge du tubercule le plus universel du monde

Le 30 mai, l'ONU consacre une journée entière à un aliment que l'on a peut-être trop tendance à prendre pour acquis : la pomme de terre. Discrète, nourrissante, résiliente, elle mérite bien qu'on s'y arrête.
Une initiative péruvienne, une reconnaissance mondiale
L'idée d'une journée internationale de la pomme de terre est une initiative du gouvernement péruvien, une proposition adoptée par la FAO en juillet 2023, avant d'être entérinée par l'Assemblée générale des Nations Unies le 8 décembre 2023. Le choix du Pérou n'a rien d'anodin : c'est dans les Andes que la pomme de terre a été domestiquée il y a plus de 8 000 ans, dans une extraordinaire diversité de formes, de couleurs et de saveurs.
Le troisième aliment le plus consommé au monde
La pomme de terre est le troisième aliment le plus consommé au monde, après le riz et le blé. Elle entre dans la composition de l'alimentation de deux tiers de la population mondiale. Avec plus de 5 000 variétés, elle offre une richesse génétique permettant de lutter contre les ravageurs, les maladies et les impacts du changement climatique.
Un rôle crucial dans la sécurité alimentaire
Au cours de la Seconde Guerre mondiale et les conflits qui ont suivi, le rendement élevé et la résilience de la pomme de terre ont contribué à la sécurité alimentaire en cas de pénurie. La Grande Famine irlandaise des années 1840 est un exemple frappant de la façon dont le manque de diversité génétique peut conduire à des résultats désastreux. Deux leçons d'histoire que la journée internationale invite à ne pas oublier.
Bien plus que des frites
Pour le grand public, la pomme de terre est d'abord synonyme de frites ou de chips, ce qui n'est pas nécessairement le mode de consommation le meilleur pour la santé. Cette journée est aussi l'occasion de redécouvrir la richesse culinaire du tubercule, vapeur, en gratin, en soupe, en gnocchi, en galette et la diversité des variétés cultivées aux quatre coins du monde.
En Nouvelle-Calédonie, une place modeste mais réelle
La pomme de terre n'est pas l'aliment de base du Pacifique, l'igname, le taro et le manioc occupent cette place dans la culture kanak. Mais elle est bien présente dans les assiettes calédoniennes, notamment dans la cuisine caldoche et européenne. Cultivée localement dans certaines zones de la Grande Terre, elle reste souvent importée, ce qui pose la question de la souveraineté alimentaire et du développement d'une agriculture vivrière locale, un enjeu de plus en plus prégnant sur le territoire.

