Je me suis réveillé… et j’avais oublié la fête des mères

Je me suis réveillé dimanche matin.
Et c’était déjà officiel.
Le décret est tombé.
Publié au Journal officiel.
Les provinciales auront lieu le 28 juin.
Avec les natifs réintégrés.
Après le Sénat.
Après l’Assemblée.
Après 346 voix contre 127.
Après des débats. Longs. Très longs.
Même le Congrès s’y était mis.
5 heures.
25 pour. 14 contre. 13 qui regardaient ailleurs.
Moi, j’ai juste ouvert les yeux.
Et j’ai compris que c’était plié.
Pendant ce temps-là, à Koné…
Une voiture brûle.
Enfin non. Deux.
Sous un hangar.
Feu généralisé.
Des pompiers.
Des gendarmes.
Un couple sauvé in extremis.
Une maison qui tient.
Une enquête qui commence.
Classique.
Version fait divers nocturne.
Et puis, à Nouméa… ambiance différente.
Le salon du tourisme.
Des stands.
Des sourires.
Des discours optimistes.
On parle lagon.
On parle relance.
On parle avenir.
Même Air Calédonie fait des promos.
13 990 francs pour rêver un peu.
L’Île des Pins redevient une promesse.
On y croit.
Ou on fait semblant.
Les Halles de Ducos sentent le cacao.
Des bonbons.
Du sucre.
Du combava.
Des gens qui goûtent.
Qui sourient.
Qui oublient.
Un instant.
Et aujourd’hui, c’est la Fête des mères.
Alors tout le monde court.
Parfums.
Bijoux.
Dernières idées.
Derniers doutes.
Certains offrent.
D’autres préfèrent juste être là.
Simple. Efficace.
À Paris, on parle sécurité.
À Lyon, on marche pour Jésus.
À Budapest, le PSG joue sa finale.
Et moi, je regarde tout ça.
En même temps.
Ça parle crise.
Ça parle relance.
Ça parle espoir.
Ça parle feu.
Ça parle foot.
Ça parle amour.
Et au final…
Tout le monde fait comme si ça allait.
Bref.

