Journée mondiale sans tabac : démasquer l'attrait pour mieux s'en libérer

Chaque année le 31 mai, la Journée mondiale sans tabac invite à faire un pas de côté. Pas seulement pour rappeler que fumer est mauvais pour la santé, tout le monde le sait. Mais pour comprendre pourquoi, malgré tout, des millions de personnes continuent. En 2026, l'OMS a choisi un angle particulièrement lucide : « Démasquer l'attrait, lutter contre la dépendance à la nicotine et au tabac ».
Une journée née en 1987
La Journée mondiale sans tabac a été créée par les États membres de l'Organisation mondiale de la santé en 1987, pour attirer l'attention du monde entier sur l'épidémie de tabac ainsi que sur la morbidité et la mortalité évitables qu'elle provoque. Depuis, chaque 31 mai, un nouveau thème est choisi pour mettre en lumière un aspect différent du problème, les stratégies marketing de l'industrie, la fiscalité, la protection des espaces publics ou, cette année, les mécanismes psychologiques de l'addiction.
Pourquoi le tabac attire toujours
L'attrait du tabac ne repose pas uniquement sur le produit lui-même. Si l'image attire, c'est bien la nicotine qui maintient le comportement dans le temps. Cette substance agit directement sur le cerveau en stimulant les circuits liés à la récompense. Rapidement, une association se crée entre certains moments du quotidien et la consommation, pause, café, stress, fin de repas. Ce mécanisme est au cœur du thème 2026 : l'industrie du tabac a soigneusement construit cette attractivité, en ciblant notamment les jeunes.
À l'échelle mondiale, 15 millions d'adolescents entre 13 et 15 ans utilisent déjà la cigarette électronique. Dans les pays pour lesquels on dispose de données, les adolescents ont en moyenne neuf fois plus de risques de vapoter que les adultes.
En Nouvelle-Calédonie, un territoire encore très fumeur
Le Caillou n'échappe pas au problème, il y est même particulièrement exposé. Les fumeurs quotidiens représentaient 45 % de la population en 2010. Ce chiffre a reculé à 35,5 % en 2022 selon le dernier baromètre santé : une amélioration réelle, mais plus d'un adulte sur trois fume encore tous les jours.
Ce recul est en partie lié aux hausses successives du prix du tabac. Le paquet de cigarettes le plus vendu est passé à 2 600 francs au 1er janvier 2024, après plusieurs augmentations de 10 % par an. Une politique qui produit des effets, même si elle ne suffit pas à elle seule.
Du côté des jeunes, la situation reste préoccupante. Près de quatre adultes sur dix ont déclaré avoir déjà testé la cigarette électronique, et 6,2 % des Calédoniens l'utilisent quotidiennement.
Briser le cycle
Les industries du tabac et de la nicotine conçoivent leurs produits pour enfermer les jeunes dans le cycle de l'addiction. Il est possible de se libérer de l'emprise de la dépendance, mais cela demande de comprendre les mécanismes en jeu. C'est précisément l'ambition du thème 2026 : informer ne suffit plus, il faut décrypter.
Pour ceux qui souhaitent arrêter, des ressources existent. En métropole, le 3114 Tabac info service accompagne gratuitement les fumeurs. En Nouvelle-Calédonie, la DASS propose des informations et orientations sur son site santepourtous.nc.

