Journée mondiale des parents : un rôle universel, des réalités bien différentes

Chaque 1er juin, le monde célèbre celles et ceux qui élèvent, protègent et transmettent. C'est l'Assemblée générale des Nations Unies qui, par sa résolution A/RES/66/292 du 17 septembre 2012, a proclamé cette date Journée mondiale des parents, pour mettre à l'honneur les parents du monde entier. Une reconnaissance simple, mais lourde de sens dans un monde où la parentalité se réinvente constamment.
Un rôle fondamental, reconnu tardivement
Depuis les années 80, le rôle de la famille retient de plus en plus l'attention de la communauté internationale. Les familles, les parents et les personnes qui s'occupent des enfants jouent un rôle central dans le bien-être et le développement des enfants, ils leur offrent une identité, de l'amour, des soins, une protection, ainsi qu'une sécurité et une stabilité économiques.
Cette journée s'inscrit dans la continuité de l'Année internationale de la famille, proclamée en 1994, et vient compléter la Journée internationale des familles célébrée le 15 mai. Ensemble, elles forment un plaidoyer global pour des politiques publiques qui soutiennent vraiment ceux qui élèvent les générations futures.
Être parent aujourd'hui : entre épanouissement et épuisement
L'OMS souligne que les premières années de vie sont cruciales pour le développement cognitif et émotionnel des enfants, mettant en avant l'importance du rôle parental. Mais dans les faits, exercer ce rôle n'a jamais été aussi complexe. Charge mentale, conciliation vie professionnelle et vie familiale, écrans, précarité, familles recomposées ou monoparentales… Les parents souffrant de burnout parental sont nombreux dans tous les continents.
Cette journée est aussi l'occasion de rappeler que la parentalité ne se limite pas aux parents biologiques. Beaux-parents, grands-parents, tuteurs, familles d'accueil, tous portent, à leur façon, ce rôle d'éducateur et de pilier affectif.
En Nouvelle-Calédonie, une parentalité plurielle
Sur le Caillou, être parent prend des formes particulièrement variées, reflet de la diversité culturelle du territoire. Dans la tradition kanak, l'enfant n'appartient pas seulement à ses parents : il est élevé dans le cadre du clan, de la tribu, avec une responsabilité collective de l'éducation. Les grands-parents, les oncles et tantes jouent un rôle éducatif structurant, souvent au même titre que le père et la mère.
Dans les familles caldoches ou issues des communautés européennes, océaniennes et asiatiques, les modèles familiaux se rapprochent davantage des schémas occidentaux, tout en conservant des spécificités locales, familles nombreuses, forte entraide de voisinage, liens intergénérationnels solides.
En 2022, la Nouvelle-Calédonie comptait 1 300 habitants de moins qu'en 2021, sous l'effet cumulé du déficit migratoire croissant et du solde naturel qui se réduit continuellement. Ce contexte démographique, couplé à la crise économique et sociale que traverse le territoire depuis 2024, pèse sur les familles : difficultés financières, mobilité forcée des jeunes vers la métropole, parents séparés de leurs enfants partis étudier ailleurs. Autant de réalités qui donnent à cette journée une résonance particulière en Nouvelle-Calédonie.
Célébrer, mais aussi soutenir
Rendre hommage aux parents, c'est bien. Leur donner les moyens d'exercer leur rôle dans de bonnes conditions, c'est mieux. Cette journée est aussi une invitation adressée aux institutions, gouvernements, collectivités, associations, à investir concrètement dans l'accompagnement à la parentalité : accès aux soins, soutien scolaire, aide aux familles vulnérables, dispositifs de garde d'enfants.
En Nouvelle-Calédonie, des structures comme la CAFAT, la DASS ou encore les associations familiales œuvrent en ce sens. Un travail de l'ombre, à l'image des parents eux-mêmes.

