Je me suis réveillé… un café n’a pas suffi

Je me suis réveillé samedi.
J’ai ouvert les infos.
J’aurais pas dû.
Une femme morte à Maré.
Repêchée en mer.
33 ans.
Partie pêcher avec son mari.
Revenue… jamais.
Pas de requin.
Pas de violence.
Juste un malaise.
Enfin… « a priori ».
Je me suis dit : OK.
Ça commence fort.
Ensuite, Hienghène.
Un papy.
74 ans.
Chez lui. Tranquille.
Trois types entrent.
Poêle en fer.
Dans le crâne.
Il tombe.
Ligoté. Bâillonné.
Comme dans un film.
Sauf que c’est chez lui.
Et personne ne le découvre pendant une semaine.
Une semaine.
Je me suis dit : ah.
On monte d’un cran.
La justice continue.
Un viol à Dumbéa.
17 ans à l’époque.
Verdict : 7 ans et demi.
Presque propre.
Presque comptable.
Presque normal.
Je me suis dit : ça enchaîne.
Puis la politique.
Les provinciales.
Tout le monde se rend visite.
Les crèches ferment.
Les parents galèrent.
Mais on promet.
Toujours.
Des aides.
Des solutions.
Après les élections.
Mapou part seul.
Pas une rupture.
Juste… pas ensemble.
Mais ensemble quand même.
Enfin, pas vraiment.
Bref, la politique locale.
Je me suis perdu.
Pendant ce temps,
Aircal vole.
Enfin… un peu.
Lifou, oui.
Maré, non.
Ouvéa bloquée.
Des gens veulent reprendre.
D’autres bloquent encore.
Même ciel. Deux réalités.
Le Congrès ?
Pas de quorum.
Encore.
Pause.
Reprise.
Pause.
Comme Netflix, mais sans suspense.
La météo arrive.
El Niño.
Sécheresse.
Moins d’eau.
Plus chaud.
Tout est prêt à brûler.
Même la végétation.
Je me suis dit : parfait.
Et à côté de ça ?
Marchés.
Gastronomie.
Cinéma d’horreur.
Nuit de frissons.
Comme si c’était nécessaire.
J’ai compris un truc.
Tout tourne.
Tout continue.
Le drame.
La politique.
Le quotidien.
Les promesses.
Les blocages.
Les morts.
Les événements.
Et moi,
je lis tout ça
en buvant mon café.
Comme si c’était normal.
Bref.

