Production législative record, présence des élus inconnue

Deux récits continuent de s’opposer autour du Congrès de la Nouvelle-Calédonie.
Celui d’une institution présentée comme inactive, et celui des chiffres officiels… auxquels manque pourtant un élément essentiel.
Une activité parlementaire dense, chiffres à l’appui
Le Congrès de la Nouvelle-Calédonie a publié sur son site institutionnel le détail de sa production législative pour l’année 2025. Les données sont précises, exhaustives et officielles.
Elles font état de 104 réunions de travaux en commissions et commissions spéciales. Ces réunions représentent 184 heures et 54 minutes de travail, consacrées à l’examen des textes, aux auditions et aux arbitrages techniques.
À cela s’ajoutent 18 réunions en commission plénière, pour 4 heures et 50 minutes, ainsi que 54 séances publiques, commission permanente comprise. Ces séances ont totalisé 123 heures et 40 minutes de débats.
Sur le papier, l’institution fonctionne. Elle se réunit, débat et légifère.
Ces chiffres battent en brèche l’idée d’un Congrès totalement paralysé. Ils montrent une machine institutionnelle en activité, même dans un contexte politique tendu.
Mais un chiffre manque. Un seul. Et il est pourtant fondamental.
Lois du pays et amendements… sans visibilité sur la présence des élus
En 2025, 24 lois du pays ont été adoptées par le Congrès. À cela s’ajoutent 71 délibérations votées en séance, et 38 délibérations adoptées par la commission permanente.
Le Congrès a également rendu 8 avis, tandis que la commission permanente en a produit 3. Deux vœux et deux résolutions ont été adoptés.
L’initiative parlementaire existe : 29 propositions de textes ont été déposées, dont 3 propositions de lois du pays et 22 propositions de délibérations.
Le travail d’amendement est massif. 685 amendements et sous-amendements ont été déposés, toutes formations confondues. 310 ont été adoptés par le Congrès, 35 par la commission permanente.
Ces chiffres témoignent d’un réel travail normatif. Mais ils ne disent rien de l’assiduité réelle des 54 conseillers de la Nouvelle-Calédonie.
Aucun tableau public. Aucun registre de présence accessible. Aucune publication détaillée indiquant qui siège, quand, et combien de temps, que ce soit en séances publiques ou au sein des commissions du boulevard Vauban.
Dans toute démocratie mature, cette information est considérée comme élémentaire.
Transparence démocratique : à quand des registres de présence publics ?
La question n’est ni idéologique ni polémique. Elle est institutionnelle.
À quand la publication de registres de présence nominatifs des 54 élus du Congrès ? À quand un suivi clair de l’assiduité en séances publiques, en commissions et en commission permanente ?
Le Congrès publie des volumes horaires globaux. Il publie des totaux de réunions. Il publie des chiffres d’amendements.
Mais il ne publie toujours pas ce que les citoyens sont en droit d’attendre : la participation effective de chaque élu.
Dans un territoire où la défiance envers les institutions est régulièrement instrumentalisée, la transparence n’est pas un luxe. C’est une nécessité démocratique.
Rendre publics ces registres ne serait pas une mise au pilori. Ce serait, au contraire, une preuve de maturité politique et de responsabilité républicaine.
Car si le Congrès travaille, comme le montrent les chiffres de 2025, alors il n’a rien à craindre de la transparence.
Et si certains élus brillent par leur absence, les Calédoniens ont le droit de le savoir.
La démocratie ne se mesure pas seulement au nombre de lois adoptées. Elle se mesure aussi à la présence réelle de ceux qui ont reçu un mandat.

