Union des droites : Jordan Bardella et Marion Maréchal font la paix des braves

RECOMPOSITION. Longtemps distants, les deux talents du camp national se sont affichés côte à côte cette semaine. Un signal politique à l’approche de la présidentielle.

Les lignes bougent
Le premier signe de dégel, révélé par le JDD en mai dernier, intervient lorsque Jordan Bardella tranche en faveur du reversement d’une part de la subvention publique encaissée par le RN au parti Identité-Libertés de Marion Maréchal, au titre de ses trois députés élus en 2024. Une décision prise contre l’avis d’une partie du bureau national du RN. La scène du Plaza vient prolonger cette amorce de rapprochement. Jordan Bardella s’y montre au milieu de ceux avec lesquels il était encore en guerre ouverte quelques mois plus tôt. Les lignes bougent, les anciennes frontières se brouillent, les rancœurs semblent, pour un soir au moins, suspendues. Un invité glisse, encore incrédule : « À un moment, j’avais sous les yeux Jordan Bardella, Marion Maréchal, Éric Ciotti et Nicolas Dupont-Aignan réunis dans la même pièce. Qui aurait cru, il y a seulement quelques années, à une telle scène ? » Marine Le Pen, retenue par un imprévu, salue sur X « la naissance de cet ouvrage sincère et sensible ». Un signe supplémentaire que le temps des portes claquées cède peu à peu la place à celui des retrouvailles.C’est donc au président du RN qu’il revient d’impulser ce mouvement. Jordan Bardella a compris qu’il ne pouvait plus se permettre d’ignorer aucune composante de son camp élargi. Notamment au moment où Éric Zemmour et Sarah Knafo s’avancent en bâtisseurs d’une union des droites que le RN a longtemps écartée. Bardella aussi doit rassembler pour gagner, et cela commence par tendre la main aux autres composantes de son environnement. Il doit donc éteindre le procès politique qui lui a été intenté ces derniers mois : celui de vouloir délibérément écarter la petite-fille de Jean-Marie Le Pen. Ce réchauffement répond enfin à une volonté plus large, portée par Marine Le Pen elle-même, qui s’emploie, en coulisses, à réconcilier son héritier et sa nièce. Tout cela est rendu possible, et même souhaitable, en vue de l’élection présidentielle que les observateurs disent « gagnable » par le RN et ses alliés. Un stratège du RN résume l’état d’esprit : « Si Marine peut y aller, c’est toujours un atout d’avoir deux lieutenants aussi solides. Et si c’est Jordan, il sera bien content de compter sur une figure comme Marion. Dans tous les cas, c’est une force. » L’heure n’est plus à l’affrontement. Elle est à la paix des braves.Jordan Bardella a compris qu’il ne pouvait plus se permettre d’ignorer aucune composante de son camp élargi
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