SLN et Xârâcùù : une convention, un pari sur la confiance

La Société Le Nickel et le Conseil coutumier Xârâcùù ont signé une convention de partenariat. Un accord de dialogue structuré, avec des réunions de suivi trimestrielles, une ambition affichée de transparence, et une question en filigrane : après des décennies de relations compliquées entre industrie minière et communautés kanak, ce type d'accord peut-il changer quelque chose de concret ?
Ce que prévoit la convention
Le texte signé entre la SLN et le Conseil d'Aire Xârâcùù pose un cadre de travail concerté. Concrètement : une réunion de suivi par trimestre pour faire le point sur les projets en cours et échanger sur les enjeux identifiés dans les districts concernés. Un canal formel, régulier, entre l'opérateur industriel et l'autorité coutumière du territoire.
Le secrétaire général de la SLN, Christophe Leininger, a été direct sur l'intention : refonder un dialogue durable, respectueux et transparent avec les autorités coutumières. Le mot "refonder" n'est pas anodin. Il reconnaît implicitement que le dialogue précédent était insuffisant, abîmé, ou inexistant.
Pourquoi maintenant
La SLN traverse l'une des périodes les plus difficiles de son histoire. La chute des cours du nickel, les restructurations, les incertitudes sur l'avenir de l'usine de Doniambo, tout cela se superpose à un contexte politique calédonien post-mai 2024 où la relation entre opérateurs économiques et communautés locales est scrutée de près.
Signer une convention avec le Conseil coutumier Xârâcùù dans ce contexte, c'est envoyer un signal. Aux communautés riveraines des sites miniers opérés dans l'aire Xârâcùù. Aux acteurs politiques qui observent. Et peut-être aussi aux partenaires financiers qui conditionnent de plus en plus leurs engagements à des critères de responsabilité sociale et environnementale.
Le fond du problème
L'industrie minière calédonienne a une histoire longue et conflictuelle avec les populations kanak des zones d'extraction. Terres coutumières, impacts environnementaux, partage des retombées économiques, ces sujets n'ont jamais été vraiment soldés. Les accords de Bercy et de Nouméa ont posé des cadres, mais le quotidien des communautés riveraines des mines raconte souvent une autre histoire.
Une convention de dialogue trimestriel ne règle pas ces questions. Elle crée un espace pour les poser. C'est différent. Et c'est, en soi, un début, à condition que les réunions de suivi ne deviennent pas de simples exercices de communication institutionnelle.
Ce qu'on attend maintenant
La valeur d'un accord se mesure à son exécution. Les réunions trimestrielles auront lieu, ou elles n'auront pas lieu. Les enjeux identifiés par les districts seront pris en compte, ou ils seront écoutés poliment puis rangés dans un tiroir. Les communautés riveraines le sauront avant tout le monde.
Ce qui est certain, c'est que la SLN n'avait plus les moyens politiques de continuer sans ce type d'ancrage local. Et que le Conseil coutumier Xârâcùù a choisi de s'engager dans cette démarche plutôt que de rester à l'écart. Les deux parties ont parié sur le dialogue. Le territoire regardera si ce pari est tenu.

