Crise diplomatique : pour Sarah Knafo, la France doit «divorcer pour de bon» avec l'Algérie

Invitée ce lundi sur CNews et Europe 1, l'eurodéputée Reconquête a fustigé la stratégie d'apaisement du gouvernement vis-à-vis de l'Algérie et dénoncé les récents propos d'Emmanuel Macron sur les « mabouls » souhaitant un bras de fer avec Alger.
Baudoin Moucadel 04/05/2026

La députée européenne Sarah Knafo. © Maxime Cussac-Frappat
Sarah Knafo n’y va pas par quatre chemins. Interrogée sur les tensions persistantes entre Paris et Alger, ce lundi matin sur CNews et Europe 1, l’eurodéputée a martelé : « À partir de maintenant on se dit qu’il faut divorcer pour de bon (avec l’Algérie). Il faut qu’ils reprennent leurs ressortissants, les OQTF. » Au micro de Laurence Ferrari, l’élue Reconquête a prôné le bras de fer avec le régime d’Abdelmadjid Tebboune, à rebours de la ligne de l’exécutif : « On a des moyens de pressions qui sont colossaux, c’est un pays qui nous coûte déjà beaucoup. On est censé avoir divorcé avec l’Algérie en 1962. Or le problème, c’est que c’est nous qui avons eu la garde des enfants et qui continuons de payer la pension alimentaire. »
Sarah Knafo a taclé à cette occasion le président de la République, qui a récemment pesté contre les « mabouls » souhaitant « se fâcher avec l’Algérie » : « Non, on n’est pas maboul parce qu’on dit que le peuple français doit être respecté. »
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Crise diplomatique
Alger et Paris traversent une importante crise diplomatique, notamment liée à la reconnaissance par la France de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental durant l’été 2024. Après l’incarcération de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal fin 2024 puis une attaque au couteau commise à Mulhouse par un ressortissant algérien sous OQTF qu’Alger a refusé de reprendre sur son territoire à dix reprises, l’ancien ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau s’était engagé dans un véritable bras de fer avec le régime algérien. Fustigeant « la diplomatie des bons sentiments » d’Emmanuel Macron, il avait même laissé entendre, avant d’être remplacé par Laurent Nunez, qu’il était prêt à démissionner si le gouvernement lui demandait de céder.
Depuis, le dégel entre les deux pays semblait s’être amorcé. Après la libération de Boualem Sansal en novembre dernier, le président de la République s’était dit prêt à rencontrer Abdelmadjid Tebboune. Et Laurent Nunez avait été convié par son homologue algérien pour une visite officielle dans le pays. C’était compter sans la condamnation en appel du journaliste Christophe Gleizes à sept ans de prison, début décembre, ainsi qu’un projet de loi algérien sur la « criminalisation de la colonisation française », relançant la guerre mémorielle.
Dans ce contexte, l’opinion publique se montre hostile à une stratégie d’apaisement : selon un sondage CSA pour CNews, Europe 1 et le JDD publié fin avril, 56 % des sondés estiment que la France manque de courage face à l’Algérie.

