Le Petit Prince débarque au Théâtre de l'Île avec des ados en foyer

Il n'y a qu'une représentation tout public. Une seule. Le vendredi 22 mai à 19h au Théâtre de l'Île. Autant dire qu'il vaut mieux ne pas rater Petit Prince en baskets, le nouveau spectacle signé Charline Langlet, comédienne, metteuse en scène et art-thérapeute calédonienne.
Saint-Exupéry dans un foyer de protection de l'enfance
Le point de départ est aussi simple qu'il est juste : dans un foyer de protection de l'enfance, un groupe d'adolescents turbulents se voit proposer de monter un spectacle. Lequel ? Le Petit Prince. Pas pour jouer un classique, pas pour décrocher un diplôme. Mais pour éprouver ce que ce texte peut faire à des vies cabossées et ce que ces vies-là peuvent, en retour, faire au texte.
Entre heurts, rires et confidences, le plateau devient un terrain d'essai. Chacun apprivoise sa colère et ses peurs. Les scènes de Saint-Exupéry sont réappropriées, détournées, chantées, scandées. La fabrication est visible. La progression suit celle d'un atelier, pas d'un récit linéaire. Peu à peu, un groupe qui ne s'est pas choisi invente sa propre constellation pour tenir debout.
C'est le croisement de deux expériences, l'artistique et l'humaine qui a fait naître ce projet dans l'esprit de Charline Langlet. Revenue s'installer en Nouvelle-Calédonie après plusieurs années en métropole, où elle s'est formée au Cours Florent puis à l'école des 3M, elle a longtemps travaillé comme art-thérapeute auprès de jeunes placés sous protection de l'enfance. Ce spectacle, c'est cette matière sensible mise en scène : les tensions, les impasses, les éclats de rire et les percées que l'on vit dans ces foyers, restituées au plus près du réel.
Un plateau qui mélange pros et jeunes
La distribution est à l'image du projet : hybride, locale, engagée. Christopher Hnautra, alias Kito, figure bien connue de l'humour calédonien sur les réseaux et à la télé monte pour la première fois sur un plateau de théâtre dans un vrai rôle dramatique. À ses côtés, Delphine Mahieu, comédienne aguerrie formée au conservatoire de Nice et pilier de la scène théâtrale calédonienne depuis des années, ainsi que Julie Durieux-Capronnier, qui a fait ses armes sur les scènes parisiennes avant de s'installer au Caillou. Le quatuor est complété par Manoa Lalanne, bachelier 2025 du lycée La Pérouse, qui découvre le théâtre avec la fougue de ceux qui n'ont encore rien à perdre.
Et puis il y a les jeunes de la Maison de l'Enfance de Dumbéa-sur-Mer, partenaire étroit du spectacle. Ils ne sont pas que dans la salle. Ils ont fabriqué les décors et les costumes lors d'ateliers. Ils participent au plateau. Leur présence n'est pas décorative, elle est au cœur de la démarche.
Une question politique, posée sans slogan
Dans le contexte calédonien post-émeutes, où la jeunesse en difficulté est au cœur de toutes les discussions sans jamais vraiment être au cœur des solutions, Petit Prince en baskets pose une question qui mérite d'être entendue : que peut l'art quand la colère, l'ennui et la solitude saturent l'espace de jeunes confiés à la protection de l'enfance ? Charline Langlet n'y répond pas avec des slogans. Elle y répond avec un spectacle.
Apprivoiser, dans Le Petit Prince, c'est créer du lien, accepter l'autre, s'ouvrir à ce qu'on ne connaît pas. Dans le Nouméa de 2026, ça résonne autrement qu'en 1943.
Infos pratiques
Vendredi 22 mai à 19h au Théâtre de l'Île Durée : 1h15
À partir de 12 ans Tarif plein : 2 500 XPF / Tarif réduit (- 12 ans) : 1 600 XPF
Billets : www.tickets.nc
Contact presse : communication@theatredelile.nc 25 50 53 / 83 54 12

