Incendies : ces volontaires qui sauvent la province Sud

Face aux incendies qui menacent chaque année les espaces naturels calédoniens, certains agents choisissent de s’engager au-delà de leur simple mission administrative.
Sur le terrain, la Brigade provinciale forestière s’impose désormais comme un rempart concret contre les feux et les comportements irresponsables.
Une brigade devenue indispensable face aux incendies
Réunis ce jeudi au centre administratif de la province Sud, les agents de la Brigade provinciale forestière, les représentants de la Direction de la sécurité civile et de la gestion des risques de Nouvelle-Calédonie ainsi que plusieurs partenaires opérationnels ont dressé le bilan de la saison 2025-2026. Une saison marquée par une forte mobilisation des volontaires, mais aussi par un travail renforcé sur la prévention et la sensibilisation.
Créée en 2020 par la province Sud, la Brigade provinciale forestière constitue une initiative inédite en Nouvelle-Calédonie. Le principe repose sur l’engagement d’agents provinciaux volontaires capables de participer activement aux missions de prévention des incendies durant la saison sèche.
Le Grand Sud, la route des Dzumac ou encore le parc de Dumbéa figurent parmi les secteurs particulièrement surveillés. Des zones stratégiques où le moindre départ de feu peut rapidement provoquer des dégâts considérables sur l’environnement et menacer les populations.
Philippe Blaise, premier vice-président de la province Sud, a salué l’engagement des agents mobilisés au sein de la brigade. Il a rappelé que ce dispositif représente aujourd’hui un outil essentiel pour préserver les espaces naturels de la collectivité.
La saison 2025-2026 a également été marquée par un important travail de formation. Les brigadiers ont bénéficié d’un accompagnement assuré par la DDDT et la DSCGR-NC afin de renforcer leurs compétences opérationnelles.
Réglementation sur les feux de végétation, maîtrise des équipements, culture opérationnelle ou encore gestion des interventions : la province Sud veut disposer d’équipes capables d’agir rapidement et efficacement sur le terrain.
Dans un contexte où les moyens publics restent sous pression, cette logique de volontariat opérationnel apparaît comme une réponse pragmatique et concrète aux risques croissants d’incendie.
Des résultats très concrets sur le terrain
Les chiffres présentés lors du bilan illustrent l’efficacité progressive du dispositif.
En 2025, la Brigade provinciale forestière comptait 17 agents volontaires issus de plusieurs directions provinciales. Entre novembre 2025 et fin février 2026, quatorze patrouilles ont été réalisées dans les secteurs sensibles.
Au cours de ces opérations, 332 personnes ont été sensibilisées aux risques liés aux feux de forêt. Les brigadiers ont également procédé à l’extinction ou au démantèlement de 47 coins feu.
Ces interventions peuvent sembler modestes à première vue, mais elles représentent en réalité un travail de prévention fondamental. Car chaque coin feu laissé sans surveillance peut devenir un départ d’incendie majeur dans des conditions climatiques particulièrement sèches.
Depuis 2021, la Brigade provinciale forestière affiche un bilan significatif avec 102 patrouilles réalisées, 2 259 personnes sensibilisées et 100 coins feu éteints ou démantelés.
Pour les autorités provinciales, ces résultats démontrent qu’une présence humaine régulière sur le terrain permet de limiter concrètement les comportements à risque.
Cette stratégie repose aussi sur une idée simple : la prévention reste moins coûteuse et plus efficace que les interventions d’urgence lorsque les incendies sont déjà hors de contrôle.
Dans une Nouvelle-Calédonie régulièrement confrontée aux conséquences des feux de brousse, la province Sud entend clairement renforcer cette approche de terrain.
La jeunesse au cœur de la prévention
La Brigade provinciale forestière ne se limite plus uniquement aux missions de surveillance. Depuis plusieurs saisons, le dispositif mise aussi sur la pédagogie et la responsabilisation des jeunes générations.
Cette année, huit collèges situés au Mont-Dore, à Dumbéa et à Païta ont accueilli les brigadiers pour des interventions consacrées aux risques liés aux feux de forêt.
Au total, 744 élèves ont été sensibilisés aux dangers des incendies, mais aussi aux comportements à adopter pour éviter les départs de feu.
Pour les autorités provinciales, cette dimension éducative devient essentielle. L’objectif est de créer une véritable culture de la prévention dès le plus jeune âge.
Les interventions menées dans les établissements scolaires permettent également de renforcer les liens entre la brigade, les casernes communales, les gendarmeries et les gardes-nature.
Le capitaine Alexandre Rossignol a d’ailleurs insisté sur la nécessité de pérenniser le dispositif à l’échelle de la Nouvelle-Calédonie.
Selon lui, la Brigade provinciale forestière peut jouer un rôle majeur dans la responsabilisation de la jeunesse face aux risques d’incendie et aux enjeux environnementaux.
Il a notamment souligné que la province Sud constitue aujourd’hui un exemple en matière de mobilisation volontaire et de prévention.
Vers une pérennisation du dispositif en Nouvelle-Calédonie
Face aux résultats obtenus, la province Sud souhaite désormais franchir une nouvelle étape.
L’objectif affiché pour 2026 consiste à pérenniser durablement la Brigade provinciale forestière afin de soutenir plus efficacement encore les missions de la DSCGR-NC.
Le recrutement de nouveaux agents volontaires a déjà commencé au sein des directions provinciales. Une manière pour la collectivité d’élargir progressivement ses capacités d’action sur le terrain.
Dans un contexte où les questions de sécurité civile deviennent de plus en plus importantes, la province Sud veut mettre en avant une logique d’engagement, de responsabilité et d’efficacité opérationnelle.
À l’heure où certaines collectivités peinent à maintenir des dispositifs de terrain solides, la Brigade provinciale forestière apparaît comme un modèle local de mobilisation au service de l’intérêt général.
Loin des discours idéologiques ou des approches déconnectées du terrain, cette brigade repose sur une réalité simple : protéger les espaces naturels exige des moyens humains, de la discipline et une présence constante sur le terrain.
La saison 2025-2026 confirme en tout cas une chose : en Nouvelle-Calédonie, ces agents volontaires sont devenus un maillon essentiel de la lutte contre les incendies.
(Crédit photo : province Sud)

