Boulouparis : la fête du cerf et de la crevette fait le plein

La brousse calédonienne reprend ses droits.
À Boulouparis, la tradition fait le plein et rappelle une réalité souvent oubliée.
Une affluence massive qui confirme l’attachement aux traditions
Il y avait du monde, beaucoup de monde, ce samedi 9 mai, dans les allées du champ de foire de l’hippodrome de Boulouparis. Dès 8 heures, heure d’ouverture de l'évènement, les visiteurs ont afflué pour cette 28e édition de la fête du cerf et de la crevette, devenue au fil des années un rendez-vous incontournable du calendrier local.
À 15 heures, plus de 5 000 participants étaient déjà recensés selon les organisateurs. Un chiffre significatif qui témoigne de l’attrait intact pour ce type d’événement populaire, ancré dans le réel, loin des débats hors-sol.
En face, plus de 140 exposants proposaient leurs produits. Artisanat, produits vivriers, charcuterie, fruits et légumes de saison : la diversité des étals illustre la richesse du tissu économique local et le savoir-faire des acteurs de la brousse.
Ce succès populaire n’a rien d’un hasard. Il traduit une attente forte : retrouver des repères, des traditions et un mode de vie que beaucoup refusent de voir disparaître. Dans une période marquée par les tensions, ces moments de rassemblement prennent une dimension particulière.
Une présence politique affirmée autour du monde rural
L’ouverture officielle a été marquée par la présence du haut-commissaire Jacques Billant, entouré de plusieurs figures politiques locales. À ses côtés, Sonia Backès, présidente de la province Sud, mais aussi Pascal Vittori, maire de Boulouparis, et Antoine Romain, maire de Païta.
Une présence qui n’a rien d’anodin. Elle traduit une reconnaissance institutionnelle du rôle central joué par le monde rural dans l’équilibre du territoire.
La délégation de la province Sud était également bien représentée, avec notamment Christiane Saridjan-Verger, Brieuc Frogier, Lionnel Brinon et Philippe Blaise. Après la coutume d’ouverture, les élus sont allés à la rencontre des exposants et des visiteurs.
Ces échanges de terrain rappellent une évidence souvent négligée : la politique ne peut se faire uniquement dans les bureaux. Elle doit aussi se nourrir du contact direct avec ceux qui produisent, travaillent et font vivre le territoire.
Dans une époque où certains cherchent à opposer les populations, ces moments de convivialité montrent au contraire une réalité différente : celle d’une société capable de se rassembler autour de valeurs simples, concrètes et partagées.
Animations, rodéo et traditions : la brousse en pleine démonstration
Dès la matinée, les premières animations ont donné le ton. Musique, danse country, démonstrations et même dépeçage du cerf ont rythmé cette première journée.
Une programmation assumée, fidèle à l’identité de l’événement, qui met en avant les traditions rurales et les savoir-faire locaux sans complexe.
Les festivités se poursuivent ce dimanche 10 mai avec un programme dense. Le moment le plus attendu reste sans conteste le rodéo, dont le coup d’envoi est prévu à 9 heures.
Danses drehu, chants, country, danses tahitiennes ou encore animations tribales se succéderont tout au long de la journée, illustrant la diversité culturelle du territoire.
Le rodéo, lui, s’impose comme le point d’orgue. Chevaux, taureaux, performances : ce spectacle attire chaque année un public fidèle, attaché à ces traditions souvent critiquées mais profondément enracinées.
Au-delà du spectacle, c’est tout un mode de vie qui s’exprime. Une culture de la terre, du travail et de la transmission.
La promesse d’une récompense de 50 kg de crevettes pour certains participants vient rappeler, avec simplicité, l’esprit de la fête : convivialité, compétition et partage.
Au final, cette 28e édition confirme une réalité que certains préfèrent ignorer : la Nouvelle-Calédonie rurale est vivante, dynamique et profondément attachée à ses racines.
Dans un contexte parfois tendu, cette fête apparaît comme un point d’ancrage. Un moment où les Calédoniens se retrouvent, loin des polémiques, autour de ce qui les unit.
Et ce constat s’impose avec force : malgré les crises, malgré les divisions, l’esprit de la brousse continue de rassembler.
(Crédit photo : province Sud)

